As a little game. || Feat Arianne
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Mer 13 Juil - 20:37

As a little game.

Feat Arianne

 

Foutaises.
"Nous sommez enfermés entre quatre murs immenses. Infranchissables".
C'était des foutaises. Aucun mur n'avait jamais été infranchissable. Aucun mur n'avait jamais été incassable. Le béton se brisait et le grillage s’escaladait. Le garçon encapuchonné devait être un brisé, un résigné, qui voyait la fatalité là où se dressait le moindre obstacle.
Susan n'était pas ainsi. Susan ne se résignait pas - on évoluait. Ou peut-être l'était-elle plus qu'elle ne le pensait ? Elle s'était toujours battue contre cette fatalité. Toujours.
Ou presque.
Susan était plus résignée qu'elle ne se l'avouait. Qui ne voulait pas devenir une guerrière, une rebelle se battant pour justice et liberté ? Mais qui en avait vraiment la force ? L'anglais avait une autre force ; celle de se protéger. Restait à savoir si la sécurité résidait dans le combat ou l'acceptation. Signe de faiblesse pour certains - pour Susan, et c'était pour ça qu'elle se refusait à l'avouer ; nos failles sont les plus immondes. Purulentes et sanglantes.

Alors, il fallait donner l'air de se battre ; se lever tôt, se préparer à partir. Par dessus t-shirt et pulls, Susan avait enfilé son sweat épais. Même avec tant de couches, le froid était mordant et transperçait le tissu pour l'assaillir comme si elle avait été nue. Le froid lointain de la salle de bain après la douche lui paraissait bien doux, maintenant. Comme tout ce qu'elle avait connu - les rues, la drogue, le viol ; c'était comme un mirage disparu. Jamais elle n'aurait pensé regretter le passé. Son avenir devait être luisant d'espoir.
Désillusion. On ne pouvait pas savoir ce que nous réservait l'avenir.
Fatalité.
Susan avait rabattue sa capuche et entouré son cou d'une écharpe ; c'était celle de sa mère, et elle avait la nausée rien qu'à cette pensée. Preuve supplémentaire que c'était cette femme qui lui avait préparé toute une armoire d'affaires ; qui lui sauvaient la vie mais n'auraient pas été nécessaires si elle n'avait pas été ici.
L'anglais refoulait toute interrogation. Ne pas se demande ce qui nous amène ici. Le pourquoi, le comment. C'est sans importance. Rien ne changera. Il fallait s'adapter.

La forêt était lugubre. Plus elle s'y enfonçait, et plus elle songeait à faire demi-tour ; mais Susan n'était pas facile à effrayée. Elle avait cette détermination qui la poussait à avancer. Plus loin. Toujours plus loin ; en sécurité, ou tout droit dans la gueule du loup ?
Elle était persuadée d'en avoir entendu hurler quelques uns, la nuit précédente.
Dans ces instants de solitudes - et ils étaient fort courants, ses pensées dérivaient vers Stas. Peut-être parce que le français était le seul être vivant avec lequel elle avait un semblant de relation. Peut-être parce que ses pensées le concernant n'étaient pas toujours des plus plates. Il lui tardait de le revoir, comme elle en était rebutée.
De toute façon, ici, tout était trop étrange. C'était ainsi qu'elle justifiait ce qui la dérangeait.
Les arbres, géants conifères, avaient au moins le mérite d'arrêter le vent glacial. Peut-être tournerait-il en blizard, pour la congeler vivante.
Il ne fallait pas être si pessimiste.
Bâton à la main, couteau-suisse dans la poche de son sweat, emmitouflée dans ses vêtements, Susan n'était plus qu'un minuscule insectes se frayant entre des forces dont elle ignorait la puissance.
De quoi perdre la tête ; crier, crier pour occuper l'espace :

- I'm just a fucking game... Eeeh ? Would you eat me ?



(c) Tervilles
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Ven 15 Juil - 12:24

Notre joueuse histoire

Dans les Bois • Avec Susan.

L'air ambiante était presque cruel, limpide. Insupportable, mais avait-il une réelle différence entre ce qu'elle avait inspiré hier et expiré aujourd'hui ? Pas véritablement. C'était tout du moins ce que son esprit lui murmurait doucement à l'oreille, imperméable aux quelques bons sentiments qu'Arianne aurait pu, autrefois, exprimé sans pudeur aucune.

Mais autrefois n'était pas « cet instant. »

Il était difficile de repenser à son arrivée. A tout ce qui l'avait bercé dans cette fichue mélopée où chacun avait un rôle à jouer. N'en déplaise à ceux qui, dans le vent, hurlaient la douleur de tout leur poumons comme pour attester d'une victoire. Ou d'une défaite. Alors elle s'était éloignée, loin de leurs complaintes démonstratives, loin de tout cela. De ce qu'elle avait pu croire également.

En chemin, il y avait bien eu quelques étudiants qui avaient tenté de l'approcher, des personnes visiblement pas beaucoup plus vieilles ni même plus jeunes que la Gardenchief, mais la jeune femme était simplement passé à côté en balançant l'un de ces regards qui en disait long. « Tu me gênes ».  Et effectivement, la brune n'était pas du genre à croiser les bras sans rien faire.

Autant vérifier la grille épaisse qui les coupait du monde. Ou trouver une sortie, n'importe quoi. Des vagues phrases qu'elle avait  pu entendre, la peur déformait leur crainte en..Ce camp paumé.

Mais tout n'était qu'une question de point de vue.

Sa fatalité à elle, c'était peut-être bien qu'elle se sentait aussi dégoûtée que satisfaite d'avoir quitté l'ancienne vie. Il y avait des choses simples, comme ici même où elle regardait les gens cesser d'exploiter leurs connaissances pour approcher les autres. Parce qu'ils étaient choqués de revenir ici, sans personne, vers quelque chose de plus naturel. Mais pour combien de temps ?

Plutôt prévoyante, ses mains passèrent parfois effleurer et cueillir quelques plantes avec une délicatesse qu'on ne lui connaissait pas. Cela lui rappelait ses instants de paix passés dans le jardin de la demeure à Milan, et bon dieu que l'Italienne appréciait ses moments ! De la sauge, de la camomille...C'était fou de voir un terrain aussi complet alors que deux heures auparavant, elle s'était réveillée au beau milieu d'une petite maisonnée guère aménagée.

Voilà qu'elle était devant un épais mur infranchissable. A croire qu'elle avait marché des heures à inspecter les environs pour finalement atterrir ici. Lentement, elle se laissa glisser contre un tronc d'arbre. Que devrait-elle faire ? Techniquement, apprendre à chasser, et obtenir le nécessaire pour se défendre. On ne savait jamais contre quel connard on pouvait tomber. Avec habileté, ses mains allèrent trouver une branche à moitié cassée, inspectant sa flexibilité en soupirant. Celle-ci ne ferait probablement pas un bon arc. En revanche, elle ferait peut être une bonne épée. Ou un bon feu, qui rendrait peut-être utile le zippo coincé dans la poche de son manteau abîmé.

C'est alors qu'un hurlement avait déchiré le silence instauré. Pas en italien. Etrange, à dire vrai Arianne ne l'avait même pas remarqué. Plus étrange encore fut le sens de cette phrase...La manger ? Pourquoi ?

Fort heureusement pour Arianne, elle parlait plutôt bien anglais, avec un fort soupçon d'accent américain. Après tout, les Gardenchief n'étaient pas de « vrais italiens ». Elle continua à exploiter quelques branches en bois, désireuse de trouver un bon matériel pour chasser, avant de couper la brune net et sec. La demoiselle en face d'elle n'était pas bien grande, et démontrait clairement que cela la perturbait. Mais qu'importe.

« Be quiet please. It's not against you, but I do think that it's better for you to whine with your friend, than all alone in this place...»
C'était dit, avec une pointe de tact. Son sourire s'était élargi, comme pour intimer à la jeune femme qu'il valait mieux faire attention à cet endroit. Surtout dans l'avenir. Réunissant toute la force dans ses deux bras, plantes à la main, Arianne finit par casser les deux branches en deux. Un craquement sec avait alors raisonné, attestant des deux pointes créées par cet effort aux deux extrémités des branchettes. « And who know my dear? Maybe a bad wolf is watching us...From afar. »

D'apparence, Arianne apparaissait distante, peut-être légèrement amusée. Oui, ils étaient tous bloqués. Ce foutu mur en était la preuve. Il faudrait également qu'elle trouve d'autres habits à l'avenir...Et putain, la langue italienne lui manquait déjà tout de même. C'était bien l'une des seules choses.

Elle n'aimait pas l'anglais. Ca lui rappelait son père. Crac. Deuxième craquement. Un vrai casse tête sous forme de défi.
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Sam 30 Juil - 21:29

As a little game.

Feat Arianne

 

Fh god, why ?
Elle était folle, complètement folle de crier comme ça ; mais dans le fond, enfermé entre quatre mur quelque part au nord de l'univers, qu'était-ce que la folie ? Le monde était fou, les gens étaient fous. C'était quelque chose que sa mère avait toujours dit ; et quelque chose qu'elle avait toujours refusé - sauf enfant, peut-être. Parce qu'enfant, on a du mal à imaginer sa mère comme une accablée par la vie, sans force et sans combativité.
Susan, elle, avait de la combativité - dans l'endurance. Pas facile à user, l'anglais ; et un petit grain, parce qu'il ne fallait pas être très bien pour hurler au beau milieu d'une foret.

« Be quiet please. It's not against you, but I do think that it's better for you to whine with your friend, than all alone in this place...»

Susan s'était retournée avait la brutalité de la pierre qui s'écrase au sol. Cette voix, sortie de nul part ; c'était comme un mirage. Quelque chose de subit et de violent, d'à peine croyable tant on imaginerait pas l'entendre là, maintenant. Croire qu'on était seul et trouver quelqu'un, juste ici, avec de grands airs. Susan n'aimait pas vraiment les choses qu'elle n'avait pas prévues. Tout ce qui lui échappait, c'était mauvais ; ça la rendait morose. Trop fière, l'anglaise.
Pourtant, elle n'était pas particulièrement mauvaise. Elle n'avait pas le regard trop agressif ou l'air trop insolent. Elle était là, debout, bien campée sur ses pieds, sans plus céder que menacer. Elle était juste là ; parce que c'était sa place autant que celle de l'autre.

-There's no friend, no enemies, there is just enough life.


En fait, elle disait ça sans trop de conviction ; juste avec un petit air ennuyé - peut-être, résigné - sans doutes, ironique - assurément. C'était vrai ; il y avait à peine assez de vies pour vivre, pas de quoi avoir des amis ou des ennemis. Il aurait été stupide de catégoriser aussi brutalement les trois seules personnes qui vivaient ici. Stupide, ou suicidaire. Elle se sentait assez folle comme ça.
Et elle se laissa mollement tomber, là, sur le sol glacé. Parce qu'elle l'avait trouvé, son mur. Son mur immense, infranchissable. Il était là, juste devant elle, un peu plus loin. Gigantesque : et ça lui faisait l'effet d'un grand coup de massue. Alors, avec encore moins de conviction, lasse ;

- I never whine. It can goes, the big bad wolf.


Peut-être qu'elle n'y croyait pas vraiment, au grand méchant loup. Peut-être que s'il devait venir, il viendrait ; ou qu'il ne viendrait jamais. On ne se rendait pas compte du danger avant de devoir y échapper ; c'était triste.
Si on lui avait dit qu'elle serait un jour enlevée et emmenée loin de tout, enfermée, affamée : elle n'y aurait pas cru. Personne n'y aurait cru.

- It's a high wall, uh ? A very large wall. I'm Susan.



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