Need to breathe. || Libre - Alone
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Jeu 30 Juin - 0:17

Need to breathe.

Alone

 

On disait que les rêves étaient l'expression de l'inconscient. C'était une toute petite phrase, très simple, mais au sens trop grand pour vraiment pouvoir être compris. L'inconscient, qu'est-ce que c'était ? toute notre pensée, tout ce qui faisait de nous celui qu'on était. L'essence même d'une personne, l'explication à tout les pourquoi de la terre.
C'était dur de comprendre comment une chose aussi importante pouvait s'exprimer par quelques images et sensations.

Certains rêves étaient incroyablement semblables à la réalité. Lorsque Susan avait ouvert les yeux sur le plafond terne, elle n'avait pas paniqué un seul instant. Elle avait cligné des yeux, plusieurs fois, en songeant que c'était un rêve bien étrange. Tout son corps était ankylosé, elle se sentait abrutie. C'était un rêve, rien qu'un rêve, un étrange rêve. Refus de voir la vérité ou simple faille de l'esprit ?
Elle s'était relevée et avait regardée autour d'elle avec beaucoup d'aplomb, s'attendant à voir Vincent débarquer à tout moment - elle rêvait souvent de lui, en ce moment. C'était un gars sympa, un peu benêt. Elle n'allait plus jamais le revoir.
Autour d'elle, tout était très gris. Elle était sur un lit en métal grinçant, et ne voyait sur le sol de béton que quelques placards en acier terne. Juste en face d'elle, il y avait une fenêtre qui donnait sur la rue déserte. C'était un drôle de rêve, d'une ville fantomatique dans une ambiance malsaine. Elle n'avait pas l'habitude de ce genre de rêve - elle rêvait peu.

Il fallait du temps au cerveau humain pour comprendre son environnement. Pourquoi le ciel était bleu et le sol dur et le vide ne retenait pas son corps. Le temps qui passait et la matière, et tous les sens, et le bas, et le haut. Il fallait des années à l'homme pour intégrer tous ces principes - et tout d'un coup, ils étaient bouleversés. On se retrouvait là, dans un milieu inconnu - car ce n'était pas un rêve. Le cerveau avait du mal à imaginer qu'on puisse atterrir dans un endroit, comme ça, d'un coup. Il peinait à comprendre. On ne réagissait pas, on ne comprenait pas. Susan ne pouvait ni paniquer ni s'inquiéter, parce que la chose était tellement absurde qu'elle n'arrivait pas à l'intégrer. C'était quelque chose qui tombait, comme ça. D'un coup. Ce n'était pas un rêve : l'idée était acquise. Elle était juste là, debout au milieu de cette cellule, à regarder sans voir ses affaires qui n'avaient pas bougées d'à côté de son lit. En se levant, elle avait pris sa veste bleue. Quand était-ce ? Ce matin - c'était le dernier levé dont elle se souvenait. Le temps n'avait plus de sens - hier, demain, tout semblait trop lointain. Les choses paraissaient toutes stupides, et cela la fit un peu rire. Lentement, sans vraiment faire attention, elle s'approcha de la porte. Elle la poussa, l'ouvrit ; peut-être que derrière, tout serait plus réel.

Les rues étaient stériles. Un air de couloir d'hôpital. Vide, propres, sales, puantes et inodores. Pas d'autre son que le bruit du vent entre les blocs de béton - des maisons, a priori. Tout à gauche, il y en avait une dont l'un des volets claquait de façon répétées. Clac, clac, clac. Un, deux, un, deux. C'était bien réel, ça. Tangible. Le clac, clac d'un volet. Comme celui de la voisine.
Dans sa tête, il y eut un déclic. Elle regardait fixement le volet claquer, sentant ses yeux s'agrandir. C'était comme si son esprit accédait enfin à l'idée.
Elle était ailleurs. Dans un endroit inconnu, comme enlevée, disparue. Il n'y avait pas à chercher pourquoi ou comment, pas encore - il fallait se rendre compte de toute l'ampleur de la chose. Elle était au lycée, et elle n'y était plus. Tout d'un coup. C'était comme sentir la douleur quelques temps après avoir pris un grand coup, le temps que le corps comprenne. Une douleur immense dans la poitrine. Un vide. Devant, il n'y avait rien qu'elle ne connaisse : même les murs et le sol étaient trop confus. Elle se laissa tomber et le contact de la rue avec ses genoux la fit hurler, non pas de douleur mais de se rendre compte que rien n'était plus vrai que cet instant, que cette souffrance indescriptible et se bourdonnement dans sa tête perdue.



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Ven 1 Juil - 0:12

Esprit, es-tu là ?
Juste quelques mots.
Réponds-moi.

...


Les zombies. Mais où avait-il été chercher ça... ?

N'empêche, juste au cas où, il avait préféré retourner dans la baraque de laquelle il était sorti pour s'équiper d'un couteau de cuisine. Bon... Le minimum.  Et assez vain, avec ça. Une fois dehors à nouveau, l'arme de fortune à la main, il se mit premièrement en recherche de quelque chose de plus long. Un baton... ? Il voyait bien qu'une lame, même longue de quinze centimètres, ne lui serait d'aucune utilité si quelqu'un tentait de le mordre. Il n'aurait pas assez de portée !

Quand un cri se fit entendre, cela le ramène brusquement à la réalité. Mais qu'est-ce qu'il fout, bon sang ?? Le fusible là-haut aurait-il déjà craqué ?! Mais non, mais non... C'est un faux contact. Allez, du nerf. Le jeune homme secoua la tête pour se ressaisir et se précipita en direction du timbre de voix féminin.

Ses foulées, longues et souples, le portèrent rapidement au bout de la rue. C'est là qu'il put remarquer, un peu plus loin, la silhouette d'une jeune fille. Elle devait avoir à peu près le même âge que lui. En tout cas, ce n'était plus une enfant, ni encore une adulte. Les sourcils du russe se rapprochèrent sensiblement comme un pli de perplexité apparaissait sur son nez.

Revenu à un pas plus prudent, sans avoir trouvé le bâton qu'il recherchait mais toujours son couteau à la main, Stas s'approchait. La lame était visible et le jeune homme semblait agressif. Il n'avait bien sur aucune idée de ce que cette vision pourrait provoquer en retour chez Susan, de frayeur ou même de violence. D'ailleurs, il n'y pensait même pas. Lui aussi, il était effrayé et perdu ! Lui aussi, il voulait des réponses ! Peut-être même que c'était elle, la responsable de tout ça !


- Hey ! Qui tu es, toi ? On est où, là ?

Le regard que lui lançait le russe était peu amène. Son visage, fermé, à l'instar des mimiques empruntées à son père. Il la fixait, les lèvres pincées en un rictus qui disait : "Parle, bon sang ! Parle !". En fait, il n'avait sûrement même pas envie de lui faire du mal. Il voulait juste des réponses... Se tirer de là... Comprendre. Etre impuissant le rendait dingue. D'ailleurs, ça n'avait pas fini de le rendre dingue.

- Alors ?! insista t-il. Réponds !

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Ven 1 Juil - 17:06

Need to breathe.

Feat Stas ♥

 

Vide. Un vide incroyable dans le coeur et le corps et l'âme.

Clac, clac, clac.

Les yeux écarquillés, Susan fixait le ciel orageux sans vraiment le voir, absorbé par la terreur qui naissait au fond d'elle. Elle était certaine d'avoir vu le ciel bleu en se levant, ce matin. Mais était-ce vraiment ce matin ? Ses doigts se crispèrent sur le béton de la rue, et ses lèvres se serrèrent l'une contre l'autre dans un rictus douloureux. Rien n'était plus douloureux que cet instant. Rien n'était plus horrible, plus atroce. C'était quelque chose de dément.
Elle était ailleurs. Dans un endroit parfaitement inconnu. Elle n'avait aucune idée de comment elle s'était retrouvée ici, ou même pourquoi - c'était à peine si elle y réfléchissait.
Comment y croire ?
On était là, tranquillement assis à divaguer sur le prochain devoir de philo, et brutalement, on se réveillait dans un village digne des grands films apocalyptique. C'était absurde.
Absurde.
Elle rit, encore une fois. C'était pire qu'absurde, carrément ridicule. De quoi rendre fou. Peut-être qu'elle allait devenir folle, tiens. Folle à lier, là, toute seule entre les maisons grises. Peut-être que c'était ce qu'attendait son geôlier : car elle n'était pas arrivée là toute seule. Il y avait quelqu'un qui, pour une raison ou une autre, l'avait amenée là. Droguée, enlevée - peut-être violée. Un prédateur sexuel ou un fétichiste dangereux - un psychopathe. Peut-être les trois.
Elle allait sûrement mourir. Ne plus exister, être réduite au néant absolu.

- Hey !

Elle sursauta. Perdue, loin, elle n'avait pas entendu l'individu arriver. Il lui fallut un instant pour tourner la tête vers lui, le regard dans le vague, la bouche défaite - comme dans un autre monde. Les yeux vide, elle resta bloquée sur le couteau qu'il brandissait. Elle eut à nouveau un rire nerveux, songeant que ce serait une mort bien bête. Et puis, tout au fond, il y eut quelque chose dans son cerveau. Elle se força à porter toute son attention sur son visage, et remarqua une terreur sans nom sur son visage. Un regard plein de question et de peur qui faisait écho au sien. Instinctivement, elle comprit : nous sommes pareil.
Voir quelqu'un d'autre la ramena à la raison, car la communication aidait à garder les pieds sur terres. Elle n'était pas seule : tout n'était pas terminé. Il y avait encore un sens au monde, une logique, un semblant de schémas et de repères qui subsistaient. Susan plissa les yeux, réalisant avec surprise que l'adolescent s'exprimait en français. Une langue qu'elle connaissait un peu pour l'avoir étudiée au même titre que l'espagnol - mais qu'elle maîtrisait mieux que cette dernière. La jeune femme ne s'interrogea pas tout de suite sur leur différence de langage et tenta, hésitante, avec son accent prononcé, dans un français très approximatif - car son esprit n'était pas aux cours de langue :

- Je m'appelle Susan. Je ne sais pas où nous est. Tu parles anglais ?





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Sam 2 Juil - 11:03

Son rire, il est étrange.
Ca la fait vraiment marrer d'être ici ?
J'ai du mal à la cerner.

...


Elle n'arrêtait pas de se marrer et cela perturbait Stas au plus haut point. Tout comme Susan riait nerveusement, lui resserrait sa prise sur le couteau de cuisine, à intervalles sporadiques, comme un tic. Mais pourquoi elle rigolait ? Elle rigolait peut-être de lui. Ou bien c'était la fierté d'avoir réussi son coup ! C'était elle la responsable. N'est-ce pas ?! Mais... Non, elle redevenait sérieuse.
"Concentre-toi, mec... Allez vas-y reste concentré !" se répétait-il mentalement pour s'en convaincre.


- Je m'appelle Susan. Je ne sais pas où nous est. Tu parles anglais ?

Finalement, elle avait lâché quelques mots. Le jeune homme resta encore un instant sans réagir, assimilant difficilement cette phrase. Alors, non, ça n'était pas la réponse à sa question. Et ça le contrariait. Mais Susan n'était peut-être pas responsable, en fait.

Le russe grogna et fronça légèrement le nez, explicitant ainsi sa contrariété. Ca ne devrait pas se passer comme ça... Ca ne devrait pas se passer tout court. Qu'allaient-ils devenir ? Il réfléchissait désespérément mais aucune raison ne pouvait venir combler le vide de ses questions. Ils avaient atterri dans un environnement qui leur était encore si vague...

Peut-être même étaient-ils morts et s'étaient réveillés au paradis ? Bon, il s'attendait à voir un peu plus de soleil là-haut. Alors, peut-être l'enfer ou quelque chose entre les deux. Et peut-être que c'était encore complètement autre chose.
A nouveau, l'adolescent prit sur lui, s'appelant mentalement à se concentrer, encore. Et puis il remarqua qu'il avait déjà intégré Susan comme étant dans le même cas que lui...

Le garçon laissa donc tomber son regard froid sur l'anglaise. Il lui dévoila une petite grimace, un pincement de lèvres. Pas vraiment sympathique, le type, mais quelque chose, au moins. Faire un premier pas dans sa direction. Juste montrer un peu de compassion. Ils étaient dans le même bateau et à partir d'ici, il valait mieux qu'ils s'entendent. Enfin... En espérant qu'elle saurait se montrer utile.


- A speak a little, lui répondit-il avec un accent tout aussi marqué. A'm Stas. Can you wolk ?

Il avait la voix grave, profonde, le russe, ce qui n'aidait pas à s'exprimer dans des langues qu'il maîtrisait peu. Néanmoins, il avait choisi des mots simples -peut-être aussi parce qu'il n'en connaissait pas de compliqués- et avait, en ce sens, bon espoir que la jeune fille reconnaisse ses paroles. Et tout en lui demandant si elle pouvait marcher, il avait glissé le couteau dans une poche latérale de son pantalon.

Ainsi, il tendit une main à la jeune fille pour l'aider à se remettre sur ses pieds. Ses genoux ne saignaient-ils pas déjà ? Que ça soit le cas ou non, elle avait assez traîné dans la poussière et ils avaient meilleur temps de se concentrer sur la visite des lieux. En attendant qu'elle accepte de se lever, avec son aide ou non, il se tenait en tout cas prêt à la rattraper, au cas où ses jambes auraient vacillé une fois sur ses pieds. Il avait connu cela, tout à l'heure, lui aussi...


- Seïme ship, seïme shit ! Et voilà qu'il tentait de faire des jeux de mots... Ils étaient mal barrés. You help me and A help you, okay ?

Quelques instants, il reste silencieux. Il la sonde, tentant d'évaluer son taux d'accord à cette proposition. Et puis, il reprend, comme un ordre... alors que ça n'est qu'une simple proposition. Mais ils doivent se reprendre, faire un choix. Ils doivent continuer à avancer. Alors, il choisit une direction :

- We go to explore the neïghbour. Meïbe... others.

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Jeu 7 Juil - 22:28

Need to breathe.

Feat Stas ♥

 

Lentement, les circuits se rallumaient.
Cette présence, cette voix, cette respiration. Ils étaient deux : c'était un autre être humain, fait de chaire et de sang, le coeur aussi battant que le sien. Jamais elle ne s'était sentie aussi brutalement apaisée. Paradoxal.
La panique s'éteignait légèrement et les connexions de son cerveau se faisaient moins laborieuses. Les choses paraissaient plus clair - mais plus flou, aussi ; parce que cette situation délirante s'éloignait d'elle au fur et à mesure qu'elle retrouvait le contact humain. C'était temporaire, c'était fragile : mais c'était tout ce dont elle avait besoin pour ne pas sombrer dans une folie qui, ma foi, était plus que justifiée.
Elle avait atterrie ici, comme par magie. Tout à coup.
Et tout changeait.

Susan resta là, quelques instants, à regarder ce grand gaillard qui lui faisait face. Stas - car il s’appelait visiblement ainsi, était grand. Elle lui aurait donné une petite majorité, et même si elle n'avait pas le coeur au rire, elle trouvait ses mèches de rebelles amusantes. Elles lui donnaient un air d'adolescent rebelle, de ceux qui gravaient les A d'anarchy un peu partout dans la ville. C'était quelque chose de familier : et instinctivement, et parce qu'elle n'avait pas le choix, elle lui faisait un peu confiance. Pas jusqu'à lui donner sa parole ou son être mais suffisamment pour ne pas bêtement rester sur la défensive. Alors, elle accepta cette main qu'il lui tendait et se releva sans plus de cérémonie, le visage plus fermé qu'auparavant - parce qu'elle reprenait contenance. Se sentant encore vaciller et toujours harcelée par un intense mal de crâne, elle posa sa seconde main sur l'épaule du jeune homme, assez brutalement et les dents serrées. Susan jouait les dures. Susan était fière.
Elle s'autorisa même à se moquer un peu en entendant cet accent si particulier, qu'elle n'aurait pas sut identifier. Toujours était-il que l'anglais du jeune homme laissait à désirer - surtout son accent. Préférant éluder la première question - parce que non, elle ne pouvait pas marcher, elle se contenta de plonger ses iris bleues dans celle du jeune homme, un sourire aussi fatigué de moqueur naissant sur ses lèvres.

- Ne parles pas anglais, tu te blesses et mes oreilles, eh... you... blesses mes oreilles.


Elle ne releva pas même vraiment ses derniers mots, concentrée à retrouver un semblant de stabilité. La tête lui tournait. C'était douloureux : elle serait bien restée couchée au sol, à serrer contre elle ses genoux égratignés. Quelques images lui revenaient - sa mère, et son esprit tendait à se morfondre.
Non.
Relevant la tête, redevenue très sérieuse, elle plissa les yeux.

- Okay. Attends. Et, regardant autour d'elle : - Il y a autres gens ? Ici, avec nous. Et dans les maisons, qu'est-ce qu'il a ?





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Ven 8 Juil - 0:26

Ironie du sort. Lui tentait de s'adapter à elle et elle le gratifiait d'une sacrée pique sur son accent. M'enfin, le russe ne mettait quand même pas une note de cyrillique dans ses mots anglais, bon sang ? Un léger grognement lui échappa, mais Susan avait réussi à lui extirper un sourire carnassier. Il reprit donc en français... enfin presque.

- Si cela vous sied mieux, maï dear...

Il ferma les yeux et secoua un instant la tête avant de se reprendre. La troller en employant un vieux français qu'elle ne comprendrait certainement pas ne devait pas être la meilleure façon de s'en faire un contact fiable. Stas fit une moue, un coin de sa bouche s'élevant légèrement.

- Je veux dire : okay.

Et puis, la plaisanterie passée, il reprit un peu conscience de ce qu'il se passait. Le russe avait toujours tendance à d'abord prendre toute remarque à la dérision, avant de se rendre compte du sérieux de la situation. Or, là, Susan le regarde dans les yeux.

Elle a de beaux yeux bleus, Susan. Lui aussi, d'ailleurs. Mais la note "perdue" qui en suinte encore, légèrement, alors qu'elle reprend contenance, lui fait quelque chose. Elle a besoin d'aide, non ? Ca attise en lui son instinct de protection. Il a envie de la rassurer. "Ca va aller..." souhaiterait-il dire. "Tout va bien se passer". Il ne dit rien, mais il lui serre doucement la main, qu'il tient encore.

Et même s'il n'avait rien à se reprocher, et même s'il faisait toujours le petit coq très fier, ça, ça le mettait mal à l'aise. Il contracta un peu la mâchoire. Elle l'interprétera peut-être mal, parce que ça durcit ses traits, mais ça n'était rien d'autre que sa façon d'exprimer un léger désarroi.


- Il y a autres gens ? Ici, avec nous. Et dans les maisons, qu'est-ce qu'il a ?

- Heum... Jusqu'ici, je n'ai encore vu que toi. Comme toutes les maisons sont pareilles à l'extérieur, je pensais... que l'intérieur était pareil aussi. On devrait peut-être se séparer pour chercher chacun de notre côté.

Stas eut alors un mouvement de recul. Il se détourna de l'anglaise pour vérifier ses arrières. Gare à la vicieuse attaque de zombie dans le dos ! Le brun alla même jusqu'à porter sa main à la poche dans laquelle il avait enfilé son arme de fortune... et puis il se rendit compte que c'était juste stupide comme réaction. Alors il soupira et se passa une main dans les cheveux en faisant à nouveau face à Susan.

"Stress post-traumatique", hum ? Deal with this.

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Ven 8 Juil - 0:58

Need to breathe.

Feat Stas ♥

 

C'était drôle, leurs yeux se ressemblaient un peu. Bleus. Bleus comme l'eau, pureté. L'eau, passage vers un autre monde : c'était ironique. Un peu comme le fait d'être apaisée par un parfait inconnu dans un endroit tout aussi inconnu. Ces pensées détendirent légèrement les traits de son visage.
Sa main restait dans celle de Stas. Ils étaient là, à ce regarder dans les yeux. C'était fou comme elle se sentait proche de lui, à cet instant. Peut-être parce qu'ils étaient seuls au monde.
Entièrement seuls. Et il était la première personne qu'elle ait rencontrée. Ce n'était sans doutes pas rien. On disait que les soldats gardaient un lien unique lorsqu'ils rentraient de guerre. Compagnons de misère. Ensemble vers la mort.
C'était pessimiste. Ils n'allaient pas mourir.
Mais allaient-ils vivre ?

Ces quelques mots la tirèrent de ses pensées. Stas parlait trop vite et avec trop d'aise - des mots trop compliqués, surtout. Susan pris la mouche, mais elle se contenta de se morde le coin droit de la lèvre inférieure, parce qu'elle était trop lasse pour vraiment se vexer, et qu'elle faisait ça lorsque quelque chose la contrariait. Se mordre le coin droit de la lèvre inférieure. Elle le faisait souvent.
Susan passa vite l'éponge lorsqu'il sembla vouloir se rattraper, peut-être plus dans son propre intérêt que par réelle culpabilité. Elle n'était pas sûr qu'il soit très altruiste.
Aussi, l'adolescente eut du mal à comprendre pourquoi est-ce qu'il lui resserra la main, étrangement crispé. Nerveux, peut-être. Mal à l'aise, ou énervé. Très naturellement, et parce qu'elle ne voulait pas briser ce contact, elle resserra elle aussi sa prise. La brune se tenait droite et, bien que les yeux piquant et la tête tournant, elle veillait à paraître un peu plus digne qu'elle ne l'était. Elle n'était pas belle - il fallait au moins avoir une certaine tenue.

- Heum... Jusqu'ici, je n'ai encore vu que toi. Comme toutes les maisons sont pareilles à l'extérieur, je pensais... que l'intérieur était pareil aussi. On devrait peut-être se séparer pour chercher chacun de notre côté.

Nouveau froncement de sourcil. Le français lui résistait, mais il n'était pas question de l'avouer. Trop fière. Elle gronda simplement une injure étouffée, cherchant dans sa mémoire quelques mots qui lui semblaient particulièrement coriaces.
Elle comprenait le sens. Qu'importaient les détails.
Et le sens allait la pousser à resserrer sa main s'il ne s'était pas éloigné. Susan eut un mouvement de recul devant la certaine violence de son geste, et elle cru un instant qu'il avait vu quelque chose. L'insécurité envahi la jeune fille, et elle eut un rire nerveux. Si elle n'avait pas été de nature si indépendante, elle serait revenue prendre cette main : mais elle pose simplement la sienne sur l'épaule du jeune homme, l'air plus grave encore. Autant pour se soutenir que pour vérifier qu'il était là. Qu'il ne partait pas. Qu'elle n'était pas seule.

-On est déjà trop seuls maintenant. On a pas besoin de plus être seuls.


Lentement, la jeune femme se tourna vers la porte de sa maisonnette, restée grande ouverte.

-Viens. On doit voir les choses dans la maison.





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Ven 8 Juil - 11:05

Ensemble vers la mort.
C'est mort !
J'te laisserais pas.

...


C'était drôle. Elle semblait le retenir et il semblait ressentir quelque chose. Sérieusement... il avait fallu qu'il se retrouve bloqué dans une espèce de prison en béton pour que ça lui arrive ? Non, il délirait... Il délirait forcément.

Son mordillement de lèvre. Ses froncements de sourcil. Sa posture hautaine et fière. Jusqu'à ce qu'elle pose à nouveau la main sur l'épaule du jeune homme. Le contact l'électrisa tout à fait. Stas croisa brièvement son regard à nouveau et il siffla légèrement, un filet d'air s'échappant de ses lèvres.


*пиздец !* ("Piz Diets") jura t-il pour la deuxième fois de la journée, mais mentalement uniquement, cette fois. *Reprends toi, maintenant, mec.*

Il ne savait pas à qui attribuer la raison de cette réaction. Ca ne lui était jamais arrivé. A elle, tout simplement ? Ou bien c'était de se retrouver seul dans ce complexe, qui le rendait fou ? Des picotements se faisaient ressentir dans sa nuque et devenaient presque insupportables. Délaissant ses cheveux, il passa alors sa main sur cette partie de peau, tentant de faire passer la sensation. Peine perdue.

Susan parla alors de solitude et, bien plus que des étincelles, c'est un brasier qui s'alluma dans son ventre. Les doigts du garçon se refermèrent sur ceux que l'anglaise avait laissé traîner. Ses iris se braquèrent à nouveau sur l'océan qui leur faisaient face. Si l'air était plus grave, côté féminin, le regard était intense, côté masculin. Irais-je jusqu'à dire qu'il était brûlant ? Non, nous tomberions certainement dans le cliché.

Ne pas tomber dans le cliché... mais c'était elle qui l'entraînait à l'intérieur, pourtant ! Un léger grognement lui échappa encore. Stas n'avait pas sérieusement réfléchi aux filles, jusqu'à présent. Quoi, il était vieux pour se réveiller, c'est ça ? La coïncidence avait voulu qu'il ne s'était jamais retrouvé dans une situation aussi tendancieuse, puisqu'il avait toujours perdu son temps à se bagarrer. Pas trop violemment... Mais quand même.

Alors en entrant, en la suivant, gardant précieusement la main de la jeune fille serrée dans la sienne cette fois, il se demandait quoi faire. Hé oui... Les hommes aussi réfléchissaient à leurs premières ! Stas se sentait le besoin irrépressible de la rassurer. Il inclina la tête vers la jeune fille, tout en désignant la pièce autour de sa main libre. Si près, que quelques mèches rebelles vinrent effleurer le visage de Susan.


- Quand je me suis réveillé, c'était pareil. Un lit, quelques meubles et derrière le rideau, une salle de bain. Enfin... quelque chose comme ça.

Il esquissa un petit sourire et relâcha la main de la jeune fille pour la prendre par les épaules. Il y avait juste une chose, qu'il n'avait pas pris le temps de vérifier. Une seule. Stas se redressa un peu et fit pivoter Susan, la laissant face à l'armoire. Encore un meuble vide ? Pas si sûr... Ou passeraient-ils leur temps à faire la lessive ? ... Ou à vivre nus !

- Là, je n'ai pas vérifié.

Il garda délibérément ses mains sur les petites épaules de l'anglaise. Voilà, il était là. Fiévreux, certes. Brûlant de corps et peut-être pas très sain d'esprit. Mais il était dans son dos, protecteur, et ne laisserait rien lui arriver.



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Feat Stas ♥



Peut-être que Susan était trop préoccupée, mais il lui avait fallut quelques instants pour constater la drôle d'attitude du garçon. C'était lorsqu'il lui avait repris la main qu'elle avait sursauté et plissé les yeux, dans un regain de méfiance.
Les hommes n'étaient pas toujours très doux.

La jeune femme regardait autour d'elle, tachant d'ignorer la chaleur de la main de Stas dans la sienne. Ce regard qu'il avait, elle le trouvait dérangeant. Pas désagréable, mais dérangeant. Il la mettait mal à l'aise. C'était bizarre, parce que ça l'empêchait d'entièrement se concentrer sur la situation et que la dite situation l'empêchait d'entièrement se concentrer sur le jeune homme. Il y avait une drôle d'atmosphère.
Le contact de Stas avec ses épaules lui donna un frisson ; de surprise ? Elle fut partagée entre une violente envie de se dégager et la peur de le sentir s'éloigner. En d'autres circonstances, rien ne se serait sans doutes passé ainsi. C'était certain -peut-être ? C'était ce contexte loufoque. Comment chercher à s'éloigner de la seule personne vivante ? Il avait un petit côté protecteur aussi agaçant que rassurant : Susan n'était pas le genre de fille qu'on protégeait, et si elle en avait besoin, il était hors de question de l'avouer. Tout ça, c'était très soudain. Susan, ça la perdait complètement : cet endroit, Stas... elle se mordit la lèvre - le coin droit de la lèvre inférieur. Parce que la situation lui échappait, et qu'elle détestait ça. C'était un peu comme si son esprit était brouillé par des millions d'interférence.

Elle se fit violence pour être plus dure, parce qu'elle se serait volontiers laissé tomber inerte - au sol, sur lui, qu'importe. Mais elle plissa les yeux une énième fois et sa main vint agripper le bras du jeune homme. Son malaise était flagrant : tant pis, elle s'en voudrait plus tard de cette faiblesse. Pour l'instant, trop de chose lui échappait. C'était juste bizarre, tout ça. Tout ce qu'il arrivait.
Alors, elle se dégagea du jeune homme, peut-être plus violemment qu'elle ne l'avait voulu. Ça ne fut pas aussi libérateur qu'elle l'aurait voulu, et elle se demanda un instant si elle supporterait un jour à nouveau d'être seule.
Toujours aussi troublée, sentant une certaine chaleur monter et l'étouffer, elle approcha la main d'un tiroir et le tira brutalement. Comme pour en finir.
Quelques serviettes blanchâtres, deux à trois draps et une couverture supplémentaire visiblement plus rêche qu'autre chose. Automatiquement, elle tira le tiroir du dessous.
Choc.
Elle resta un instant interdite.
Un long frisson lui parcourut tout le corps.
Stas et l'endroit lugubre, elle oublia tout l'espace d'un instant.
La première chose ayant accroché son regard était Michel ; Michel, son vieux singe en peluche, mangé et délavé par le temps. Autant dire que Michel n'avait rien à faire ici.
Lentement, l'adolescente laissa son regard dériver sur les autres objets. Elle découvrit quelques piles de vêtements qui se révélèrent être les siens, quelques uns de ses livres et un petit tas de photos. Un ou deux bijoux, un rubis-cube, une paire de chaussure. Un couteau suisse - celui de son frère : il avait le manche en bois gravé. En soulevant les premiers objets, elle en découvrit d'autres. Tout en dessous, contre le fond du tiroir, il y avait une photo de famille. On la voyait, avec deux ou trois ans de moins, sa mère posant deux mans sur ses épaules pour soutenir son air accablé, avec deux grands enfants à côté d'eux : son frère, sa soeur.
Le seul exemplaire de cette photo était dans la chambre de sa mère. Ils savaient qu'elle était ici. Ils l'y avaient envoyée.
Lentement, Susan recula. Tremblante, elle vint se cogner contre Stas, ce qui la ramena brutalement à la réalité. Elle fixait devant elle, sous le choc, trop encore pour ressentir peine ou colère.
Haine. Un rictus se forma sur ses lèvres, et elle murmura.

-Burn in hell...


Instinctivement, sa main chercha l'avant bras du jeune français pour venir s'y agripper. Il devait sentir tout son corps se tendre.

-What's fucking... qu'est-ce que c'est ce merde ?



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Ven 8 Juil - 14:00

Tour à tour, ils se dégageaient de l'étreinte l'un de l'autre pour s'y cramponner à nouveau quelques secondes plus tard. C'était à la fois troublant et enivrant. Ca l'agaçait, le Stas ! Il avait presque envie de la saisir et de la bloquer. Etait-ce un jeu pour elle ? Ces sentiments contradictoires le laissaient complètement perplexe.

Sa respiration s'emballa un peu lorsqu'elle ouvrit le tiroir, dévoilant des effets qui, s'il ne les reconnaissait pas lui-même, semblaient tout à fait personnels à la jeune fille. Une peluche, des vêtements, des photos et encore d'autres accessoires féminins... Certainement ses possessions. Il retint son souffle lorsqu'elle recula contre lui et l'enveloppa instinctivement de ses bras, afin qu'elle ne chute pas.

Mais non ! Il la relâcha à nouveau ! Le jeune homme devait absolument se calmer et il souffla pour laisser filer l'air bloqué dans ses poumons. Elle jurait et il pinça les lèvres, devinant sa colère. Que devait-il faire ? C'était sans compter ce que ça impliquait. Que trouverait-il, lui, dans cette armoire ? Il avait déjà pu remarquer son sac de cours. Mais il ne pouvait imaginer que c'était ses parents qui l'avaient largué ici.

Allons, il n'avait franchement pas la tête d'un petit chien qu'on abandonne sur le bord de la route parce que c'est l'été et que la pension va coûter cher. Sans connaître la situation de Susan, il était sûr et certain que, pour son cas à lui, ça ne venait pas de ses parents. Peut-être bien qu'il aurait quelques doutes plus tard, malgré tout...

Voilà que la brunette s'agrippait à nouveau à son bras. Ses yeux quittèrent le vague pour remonter vers le visage furieux. Que pouvait-il faire pour l'aider ? Perdu, mais le corps encore brûlant de l'émoi qu'elle avait -probablement inconsciemment- provoqué en lui, il fit une découverte qui l'apaisa brusquement. Il rêvait. Cela expliquait tout. Il était tout simplement en train de dormir et de rêver.

Dès lors, il repassa en mode français. Quelques instants, la brutalité de ses gènes paternels allaient disparaître, pour laisser place à une étrange douceur. Ca n'allait pas durer. Mais pour l'instant, il passa les doigts de sa main libre contre une joue de l'anglaise. Stas se voulait apaisant, il murmura :


- Hey... J'ai peut-être une explication. Nous sommes juste en train de rêver. C'est un mauvais cauchemar. Ca va passer. On va se réveiller.

Puis il comprit à quel point c'était stupide de dire ça. Un rêve commun, ça n'existait pas. Si quelqu'un se réveillait, ça ne serait que lui. Alors il se dit que non, il ne rêvait peut-être pas. En plus, franchement, si c'était pour rêver d'une fille, il l'aurait inventée plus malléable ! ... Bon, employons le vrai terme : il l'aurait surtout inventée plus soumise.

- Qu'est-ce que tu vas faire ?

Stas avait déclaré ça de but en blanc. Et si ça n'avait de sens que pour lui, c'était tout ce qui importait. Oh ! Là il aurait dû sentir poindre la gifle qui menaçait de tomber ! La gifle ou pire : le -typiquement féminin- coup de genou dans les parties ! Mais il était obsédé par une seule idée : il devait vérifier s'il rêvait ou non.

Alors Stas poussa Susan contre l'armoire, refermant ses bras autour d'elle. C'était brusque, un peu violent, mais elle ne se ferait pas mal. Il y veillait puisqu'il la protégeait de ses bras. Il se pencha ensuite sur elle. Tentait-il de l'embrasser ? Pas vraiment... Son nez ne fit que frôler la joue féminine, les lèvres restant séparées de quelques centimètres. En vérité, il n'y pouvait réellement rien si son envie de possession le poussait à cette extrémité ! Après tout, c'était elle qui l'avait cherché !

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Ven 8 Juil - 14:44

Need to breathe.

Feat Stas ♥



C'était absolument dingue de constater ce qu'il pouvait se passer en un seul et même endroits, en une seule et même situation, chez deux individus. C'était flou, mais Susan avait bien remarqué que Stas et elle n'étaient pas tout à fait dans le même état d'esprit - quoi qu'elle ne mesurait pas encore bien à quel point. Tout ce dont elle avait besoin, elle, c'était d'un instant pour reprendre ses esprits, pour faire le point. De rester là, contre ce torse ma foi rassurant, le temps que quelques battements de paupière, pour vraiment comprendre tout ce qu'il arrivait.
Se réveiller dans un endroit inconnu, seule.
Rencontrer un seul et unique être humain.
Découvrir que sa famille est au moins au courant de la situation.
Peut-être allaient-ils venir la chercher, après tout. Léger rire ; non, personne ne viendrait la chercher. C'était trop beau. Personne ne venait jamais la chercher. Ni à la sortie de l'école ni lorsqu'elle était entièrement nue dans une rue de Londres. Ni ici. Personne.

- Hey... J'ai peut-être une explication. Nous sommes juste en train de rêver. C'est un mauvais cauchemar. Ca va passer. On va se réveiller.

Susan n'eut pas le coeur à se moquer tant une telle idée lui sembla désespérée ; en fait, elle fut surtout surprise par cette brusque douceur qui la mis totalement en déroute, la faisant presque sursauter. L'adolescente eut un sourire triste, secouant doucement la tête de droite à gauche. Ce n'était pas un rêve. Elle y avait pensé ; mais quel rêve était si réel ? Stas lui-même pouvait-il l'être autant ?
Et puis, tout d'un coup, ce fut tout autre chose. Si brutal qu'elle peina à réaliser - décidément, tout n'était que brutalité. Si un tel enchainement était clairement surréaliste, c'était aussi trop complexe pour sortir de son esprit ; ce n'était pas un rêve, elle n'était pas si tordue.
Il fallut encore quelques secondes à Susan pour vraiment comprendre ce qu'il arrivait, et intégrer une telle proximité entre leurs visages. Ce n'était pas désagréable - et l'adolescent était plutôt beau garçon. Seulement, cette violence avait tendu tout son corps ; l'anglaise n'avait pas que de bons souvenirs des lèvres masculines. Fébrile, elle avait plongé ses yeux glacés dans ceux de Stas. Peut-être pourrait-il y lire cette frustration intense, cet égarement qu'il lui causait. C'était trop d'un coup. L'adolescente était comme ailleurs, alors qu'elle posait lentement une main sur les épaules du français. Peut-être pour le repousser. Ou pour le garder près d'elle.

-Tu as a problème, Stas.


C'était dit dans un souffle, pas sur un ton de reproche. Une simple constatation, un peu rêveuse, parce qu'elle n'était plus tout à fait ici. Susan n'appréciait pas d'être violentée - mais détestait-elle vraiment ? C'était simplement qu'il ne la laissait pas indifférente.

-Je ne veux pas le violence entre toi et moi.



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Ven 8 Juil - 17:04

Sous ses mains, le corps de Susan se tendait. Le jeune homme ne savait comme l'interpréter, mais ce dont il était sûr, c'est qu'elle n'était donc pas indifférente. En bien, en mal... c'était une autre question. Elle réagissait et ça lui donnait envie de continuer. Peut-être bien qu'il aurait simplement arrêté, si elle lui avait lancé un regard blasé ou distant.

La glace au contraire, l'enflamma plus encore. Il sentait que son rythme cardiaque avait monté en puissance, car sa température corporelle grimpait. Le russe émanait littéralement. Voyez le principe du radiateur à inertie ? N'y pensez pas, ça n'a aucun rapport avec la choucroute. Là, il était plutôt dans la phase "convecteur". Très énergivore et pas très respectueux de l'environnement, mais... Enfin bref... Le narrateur déraille.

Le regard glacé, donc, l'enflamma plus encore. La main de l'anglaise ayant rejoint son épaule, sans l'attirer ni le repousser, Stas s'écarta de quelques centimètres. L'un de ses bras quittait le dos féminin pour suivre celui qui s'était relevé. Il l'écouta dire qu'il avait un problème, mais modéra sa réaction, occupé qu'il était à remonter ses doigts jusqu'à la main de Sue.

Le français inclina la tête de côté. S'il paraissait à nouveau adouci, maintenant qu'il l'avait bloquée, ses yeux trahissaient l'exaltation qu'elle avait déjà précédemment remarqué. Il posa sa bouche sur la main de la jeune fille et lui donna un léger baiser. Juste sur le mont formé par le rapprochement du pouce et de l'index. C'était délicat. Et à la fois tout aussi étrange que le reste, mais... salvateur, en un sens. Oh oui, c'était même une révélation de se rendre compte à quel point il la voulait. Maintenant. Ici.


- C'est toi, mon problème, maugréa t-il, peut-être un peu plus durement qu'il ne l'aurait voulu. Ses lèvres remuèrent sur cette peau offerte en une caresse inattendue.

-Je ne veux pas le violence entre toi et moi.

Stas prit encore un moment à répondre. Il délaissa la main de la brune et coula à nouveau la sienne dans son dos, traçant du bout des doigts les contours de la colonne vertébrale. Ca le rendait dingue... mais dingue ! Il n'arrivait plus à s'arrêter. Les yeux de l'ado rencontrèrent à nouveau ceux de sa victime du jour. C'était presque ce qu'il ressentait. Perdre à ce point le contrôle... Ca ne lui était jamais arrivé et il craignait d'être en train de faire quelque chose d'irréparable. Alors, au coût d'un formidable effort de volonté :

- Ecoute... Je ne sais pas si c'est toi... Si c'est moi... Si c'est tout ça... Il parlait lentement, s'appliquant à lui laisser des temps pour qu'elle comprenne. Ca me rend fou. Regarde moi... Je veux que tu penses à autre chose... Te voir sourire... Si tu ne veux pas, dis le moi. Dis moi "stop" et je m'arrêterais... Tout de suite.

Il avait pris soin de choisir ses mots, butant avant d'en sélectionner certains. Il les voulait simples et clairs. Il voulait surtout, à tout prix, qu'elle comprenne. Le russe cessa d'ailleurs toute caresse, pour lui prouver sa bonne foi. Ses yeux étaient enfin sérieux et son visage hermétiquement clos ne laissait filtrer aucune émotion.

Son corps, par contre, était incontrôlable. Il y avait la chaleur qu'il dégageait, en contraste à la température glacée de l'extérieur, le puissant battement cardiaque, que l'on sentait aisément même sous le cuir de la veste, et puis... et puis cette caractéristique toute masculine. Ca devenait impossible à dissimuler. C'était même dérangeant ! Avez-vous déjà imaginé à quel point ça prend de la place ? A quel point c'est inconfortable ? C'est comme avoir envie de s'enfuir et être bloqué dans une cage !

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Jeu 14 Juil - 15:54

Need to breathe.

Feat Stas ♥

 

Cette histoire, c'était un putain de délire.
Un gros bordel, ça partait en couilles totale - aurait dit son frère. C'était bizarre de penser ainsi, parce qu'elle n'avait jamais été bien loin du dit frère, et ce malgré leurs intérêts divergents. La drogue et le sexe ne l'avait jamais particulièrement intéressée.
Elle divaguait. Elle était là, les bras ballants, pleine d'incompréhension et de frustration ; parce que dès qu'elle parvenait à se reprendre pour un instant, il touchait une nouvelle parcelle de sa beau ou la serrait un peu plus. Le cerveau humain avait ses limites ; et il plantait complètement. Trop de choses d'un coup - trop de choses bizarres.
Se faire ainsi violenter rappelait de mauvais souvenir - peut-être qu'ils aidaient à la paralyser ainsi, ces fameux souvenirs. Mais pourquoi m'empêchaient-ils pas la chaleur de monter dans son bas-ventre ?
C'était vraiment un gros bordel.

- C'est toi, mon problème.

Elle n'en était pas vraiment sûre, de ça ; on ne plaquait pas une inconnue contre son armoire.
Mais étaient-ils vraiment des inconnus ? Si leur premier échange datait de quelques dizaines de minutes à peine, le regard de la brune venait se raccrocher au sien comme s'il avait été un pilier depuis toujours. Son seul repère.
Un instant, elle se demanda si c'était ce que ressentait un enfant battu par ses parents ; violence douloureuse d'une personne instinctivement primordiale. Elle divaguait vraiment ; et exagérait un tantinet, aussi. Elle pouvait dire stop. L'idée la détendit instinctivement, et elle fut prise d'un long frisson qui secoua tout son corps et la poussa à machinalement se mordre la lèvre. Comment quelque chose pouvait-il être aussi désagréable que jubilatoire ? Tout ça, c'était trop. Elle voulait que tout s'arrête ; et que ça ne s'arrête jamais. Elle pris sur elle.

-Stop.


Elle était venue déposer son doigt au coin de la lèvre du français, avec une certaine autorité pourtant cassée par sa fébrilité - parfaitement palpable. Elle tachait d'écarter les images qui lui venaient à l'esprit à chaque fois que son corps frôlait celui du jeune homme ; elle était absolument partagée, incapable de savoir ce qu'elle ressentais ou pensais.
Ils pétaient un câble : tous les deux. Mais quoi de plus normal ?
Le cerveau humain avait ses putains de limites.
Songeant à ce qu'il lui avait dit, elle força un sourire et, posant une main ferme sur son torse, l'incita à se reculer. Elle était prise d'un soudain sentiment d'étouffer - ou peut-être avait-il été présent depuis le début. Une irrépressible envie de respirer.

-Stop, Stas. Maintenant n'est pas le moment pour des choses sans réfléchir. On est dans une mauvaise situation. On a besoin de respirer.



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Jeu 14 Juil - 19:04

On y était. Oh il la voyait, cette lèvre qui remuait doucement sous la sollicitation d'une morsure interne. A quel point avait-il envie d'en faire autant ! Le Stas, il dérivait grave. Malgré son visage à nouveau fermé, ses pupilles se dilataient à mesure que Susan se torturait pour faire son choix. Rah ! C'était agaçant !

Il avait envie de se rapprocher d'elle maintenant et d'aller saisir cette lèvre qu'elle martyrisait. La saisir avec ses dents, non douloureusement, mais de cette manière qui vous laisse en suspens. L'image prenait tant de place dans son esprit qu'il avait du mal à distinguer où était la réalité. Mais il n'avait pas bougé. Sagement, il patientait.

Puis enfin, elle lâcha le "stop". Susan empruntait la sortie de secours qu'il lui avait laissée. Mais ce faisant, elle ne se gênait pas d'encore poser la main sur lui ! Le doigt au coin de sa bouche lui arracha un irrépressible frisson. Elle le cherchait encore... mais il laissa glisser ses bras pour relâcher la jeune fille. Allons... Reprendre ses esprits.

Encore, son réflexe premier fut de résister, lorsqu'elle le repoussa. Le jeune homme saisit d'ailleurs la main de l'anglaise. Un court instant encore, il joua avec ses doigts, les croisant aux siens avant de les laisser filer à regret. Une mauvaise situation... Etait-il d'accord avec elle ? Il ne se rendait pas vraiment compte. Il ne se posait pas la question.

Céder à leurs pulsions sous l'influence de cette mauvaise situation poserait peut-être effectivement des problèmes ultérieurs. Mais il n'arrivait à y voir le mal, pour le moment. Evidemment ! Ils étaient encore des ados ! Sue, bien sur, c'était une fille. Tout le monde sait que les gonzesses sont mures plus vite, tout ça... Mais Stas, lui, il ne voyait vraiment pas le mal !


- Ouais... Tu as sans doute raison.

Le jeune homme étouffa un léger soupir et détourna le regard. Genre, il abandonnait... Mais non, il réfléchissait déjà à la manière donc il allait revenir à l'assaut la fois prochaine ! Un sourire ironique se dessina sur les lèvres du russe. Oui, il allait revenir. Il allait peut-être même la terroriser encore en la regardant de cet air brûlant qu'il avait eu tout à l'heure.

Tout le monde se plaignait ou se plaindrait du froid dans ce complexe. Mais là, il avait vraiment chaud pour le coup. Il s'éloigna d'elle, laissant quelques mètres entre eux. Il fit quelques pas et fit semblant de s'intéresser au reste de la chambre. Ouaip, se donner une contenance. Voilà... Le temps que ça passe. Ca allait le faire...


- Bon, je vais te laisser. Repose toi, d'accord ? Et si tu as besoin de quelque chose, je ne suis pas loin... Tu n'auras qu'à... qu'à crier.

Le français se pinça les lèvres à cette idée. Douce idée. "Ne souris pas, mec. Bordel, ne souris pas, tu vas lui faire peur !" Sa respiration resta en suspens, jusqu'à ce qu'il lâche dans un souffle :

- M'bref ! J'suis dehors...

C'est là qu'il disparut. Sans autre forme de procès, il était sorti. Sans claquer la porte. Juste un peu précipitamment... brusquement. Il était brusque, Stas. Peut-être même brutal. Mais l'air frais de l'extérieur lui fit du bien et lui remit les idées en place. Il aurait tout le temps de penser à Sue plus tard.

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