Alea Jacta Est [Réveil] Libre
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Âme solitaires
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Ven 2 Sep - 11:52

Alea jacta est

1000 mots • Cassiopée

La pièce, sombre, est calme et silencieuse. Une légère respiration vient troubler la quiétude inquiétante qui règne dans le lieu quasiment à l’abandon. Un linceul de poussière, partout, une vie qui a quitté les lieux depuis longtemps. Pourtant, là, allongé sur le lit, une jeune fille. Elle semble grimacer et avoir un sommeil mouvementé. Rien de plus normal pour une adolescente. Soudain ses traits se crispent, elle ouvre subitement les yeux. Deux perles claires qui pourraient toutes aussi bien être transparentes. Elle ouvre la bouche, comme en manque d’air et émet un bruit que seul un animal craintif peut émettre. Sa respiration se fait plus rapide, elle a un mal de tête pas possible.  Re-grimace, clignement des yeux puis soudain une lueur de panique.

Elle se pince, laissant une marque d’ongle dans sa chaire si blanche. Non, elle ne rêve pas. La jeune fille se redresse, a un haut le cœur et se penche instinctivement vers le coté du lit. Ses longs cheveux blonds lui tombent devant les yeux, et, alors qu’elle les écartait du bout des doigts, une nouvelle vague d’horreur vient se figer sur son visage. Une table de chevet, juste là. Elle l’effleure du bout des doigts comme elle l’aurait fait d’un objet des plus rares. Puis une armoire, et, un peu plus loin, une table avec une chaise. Une petite ouverture dans le fond de la pièce, mal éclairée. Cassiopée se frotte les yeux, se bute à croire que cela n’est pas possible. Elle s’assoit et pose ses pieds à terre, bien à plat et parallèle. L’instinctif a le don de calmer les gens. De les confronter dans une routine qui ne peut pas évoluer. Tout du moins, c’est ce que l’on peut se borner à croire. Son cœur bat la chamade alors qu’elle réalise soudainement qu’elle n’est plus chez elle. Peut être ton nouveau chez toi. La voix est doucereuse dans sa tête, cela la met à vif. Ce n’est tout simplement pas possible ! Elle se masse les tempes et tente de se remémorer les épisodes précédents.

- Cela doit être une blague… Une mauvaise blague.


Les raviolis ! Oui, elle se souvient maintenant. Elle mangeait avec ses amies et riait de on cœur. D’ailleurs elle était affamée. Puis il y avait eu les raviolis qui malgré leur aspect et odeur détestable lui avaient fait de l’œil. Un arrière gout sucré, comme une pastèque un peu trop mure. Cette simple pensée lui donne un nouveau haut le cœur. Elle hésite à se recoucher, très sérieusement. Elle est là car elle s’est réveillée, théoriquement s’endormir devrait la faire disparaitre de cet endroit qui ne lui augure rien de bon. Elle se rallonge, ferme les paupières à s’en faire mal. C’est idiot, elle le sait. Mais dans le désespoir nos gestes sont souvent irréfléchis. Puis un long frisson lui parcourt le dos. Celui de la peur mêlé à l’excitation. Bon, avouons le, il y a à ce moment même beaucoup plus de peur. Mais tout de même ! Elle se redresse, se lève et, alors qu’elle allait s’approcher de l’armoire… Trébuche et tombe en poussant un cri strident.  Mais c’est quoi ça encore !!! Elle jette un regard furibond au machin qui trainait là et, à son plus grand étonnement, découvre son sac de cours. Encore une grimace. Décidément, c’est sa journée. Elle observe ses mains, rien de grave, juste une petite égratignure. Qu’elle pouvait être maladroite… Elle se relève et d’une main peu assurée ouvre l’armoire qu’elle a enfin pu atteindre. Manquerait plus que ça, que j’arrive même pas à poser un pied devant l’autre… A son plus grand étonnement, ce sont des vêtements qui lui appartiennent qu’elle découvre ! Du bout des doigts elle caresse les tissus duveteux de ses sweats et observe le reste avec attention. Cassiopée passe machinalement une main dans ses cheveux, en intense réflexion. Elle secoue la tête dans un geste indécis et se dirige vers la petite ouverture qui devait surement mener vers une autre pièce. Ne nions pas que Cassiopée ne veut tout simplement pas aller voir du coté de la porte d’entrée. Tout du moins, vers cette porte qui s’y apparente.

Du dégout. Voilà ce qu’elle ressent lorsqu’elle pénètre dans cette petite pièce qui était si sommaire dans ce qu’elle contenait. Des toilettes sèches et… ? Un lavabo de fortune, c’est surement ça. Elle fait un pas en arrière, bien décidée à ne pas s’attarder dans cette annexe de l’autre pièce. Des étagères, quelques babioles posées dessus. Elle distingue un peu de nourriture, des récipients de toute taille, des couverts. Un besoin presque vital s’empare d’elle dès lors qu’elle aperçoit le couteau argenté. Bon, un couteau pour tartiner ses tartines, mais un couteau tout de même. Le contact froid de l’acier la fait sourire. Tient, première fois qu’elle esquisse un sourire depuis cet éveil si étrange. N’est-il pas normal cependant que l’on veuille se protéger par tous les moyens ? Elle se trouvait bien calme d’ailleurs. Elle avait cette faculté de nier l’évidence qui la faisait vivre dans son monde à part. D’ailleurs, elle est toujours dos à la fameuse porte. Elle aperçoit sa veste, un caban kaki à capuche en fourrure. L’enfiler et sortir ? Ou rester et se tapir ici comme une bestiole traquée ? Franchement il y a de quoi hésiter. Déjà que l’intérieur n’est pas franchement folichon… Pourtant, ce risquer dehors lui semble une nécessité, un besoin de savoir si elle n’est pas tout simplement folle. L’imagination a de nombreux talents, mais ce rêve lui parait plus que réel. Elle l’enfile et tourne la poignée.

La fraicheur, non, le froid glacial, qui règne dehors lui fait l’effet d’une gifle. Elle sert les dents et tente de se repérer. Non, rien d’autres que ces lugubres petites maisons qui se succèdent. La tête lui tourne, elle se sent sur le point de défaillir. Le monde danse autour d’elle et sa vue se trouble. La peur s’insinue en elle comme un poison. Elle cherche désespérément une silhouette, une âme de passage à qui elle pourrait demander ! Mais demander quoi au juste Cassiopée ? Tu n’as aucune carte en main si ce n’est celle de l’interrogation.  Ses yeux se mouillent de larmes, leur donnant un aspect encore plus translucides. D’un geste rageur elle les essuie avant de jeter un nouveau coup d’œil à ses paumes endolories puis…Grimace.

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