En attendant l'hiver [Libre]
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Âme solitaires
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Ven 19 Aoû - 21:00

Oh, mon doux enfant de l'été, que sais-tu de la peur ? La peur, c'est pour l'hiver...

518 mots • Libre

Déception, une de plus.
Cela faisait maintenant six jours que Sven se retrouvait livré à lui-même dans ce trou perdu. C’était peu et en même temps ça lui avait parut une éternité. La faim et le froid ne le lâchaient jamais, les baies qu’il avait ramassées lui avaient retournés le système digestif. Il se sentait malade, nauséeux, mais surtout il avait peur. Passé le choc, la tristesse d’avoir perdu contact avec tous ceux qu’il aimait, la peur s’était insinuée lentement, engloutissant le reste. Qu’allaient-ils devenir, tous ceux qu’on avait enfermés ici ? Que se passera-t-il quand l’hiver arrivera ? Dès qu’il pensait au futur, c’était cet obstacle-là qui s’imposait. Il galérait déjà grave alors que les températures étaient relativement clémentes, et qu’il y avait sans doute moyen de s’en sortir. Alors quand la neige tombera…

Mieux valait sans doute ne pas trop y penser pour le moment, c’était ce qu’il se disait. Sven se forçait à rester actif pour ne pas trop réfléchir, il se levait tôt, partait au lac pour se ravitailler en eau, puis cueillait des baies ou s’essayait à la pêche, voire la chasse. Parfois il était chanceux et d’autres fois, il avait encore plus faim. Ensuite, quand il avait le temps, il explorait un peu, il avait marché jusqu’au mur, persuadé qu’il trouverait une faille, il fut déçu, il avait suivi la ligne de chemin de fer, plein d’espoir, déception encore. Maintenant qu’il s’était fait à l’idée qu’il n’y aurait pas d’issues facile, il s’était mis à chercher des choses utiles à l’intérieur des murs. C’est pour ça qu’il était entré dans le bar lugubre qui occupait le complexe.

Déception, là encore.
Il aurait dû se douter que d’autres étaient passés avant lui. La preuve était qu’une bouteille d’alcool vide traînait encore sur le bar. Il la prit, ça pouvait servir à transporter de l’eau. Il ouvrit le frigo, à tout hasard, puis fouilla dans les placards, regarda même sous les tables et les fauteuils, mais il y avait surtout de la poussière et des cafards morts. Il escalada même le bar pour voir s’il n’y avait vraiment rien qui traîne tout en hauteur. C’est là qu’il trouva son deuxième trésor du jour, un briquet à moitié vide ! Il n’aurait plus à demander à d’autres d’allumer son feu.

C’était fou comme les choses avaient changés en l’espace d’une semaine. Avant, Sven désirait le dernier jeu vidéo, le téléphone à la mode ou de beaux vêtements. Maintenant il s’extasiait devant un vieux briquet et rêvait d’une corde ou d’une hache. Mais malgré ce moment de joie intense, il ne put pas rater le long crissement du parquet derrière lui, il se tourna d’un bon, mais ne vit personne. Il s’empressa de jeter le briquet dans sa sacoche, avec la bouteille, et s’approcha de la porte.

« Finns det någon här ? »

Avant de se rappeler que la plupart des gens ici ne parlaient pas suédois et de reprendre en anglais.

« Il y a quelqu’un? »

Bon, après, c’était peut-être un rat, un très gros rat. Ça y est, il recommençait à avoir peur.
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Âme solitaires
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Mar 23 Aoû - 13:27
en attendant l'hiver

Dans cette situation, une des réactions logiques serait de tout faire pour garder la notion du temps, des jours qui s'écoulent. Mais Foster ne le faisait pas : il laissait le temps s'écouler, le brouiller; les jours et semaines s'entremêler. Il ignorait depuis combien de temps il était là, et il n'avait pas besoin de le savoir - ça ne l'aiderait pas à comprendre la situation, de toute façon.
Il savait que l'hiver arrivait, que chaque mois il y avait un train de ravitaillement, que chacun avait des hypothèses mais personne n'avait de réponses, que l'entraide était encore possible, et il pouvait vivre avec ça, avec si peu d'informations. Il avait un peu d'entraînement, même si ça n'avait jamais été aussi extrême auparavant. Vivre dans le flou, c'était une habitude à prendre.
Même si ça rendait tout extrêmement stressant, et que chacun était constamment sur le qui-vive, les nerfs à fleurs de peau. La tension ambiante était probablement le pire, pour le jeune homme. Rendre les choses légères lui semblait désormais impossible, l'était probablement.

Mais il existait des choses qui pouvaient le faire pour lui. Et si les clopes n'étaient pas disponibles ici, il restait un bar, qu'il n'avait pas encore visité. Même s'il doutait qu'il reste réellement quoi que ce soit - il n'était pas le premier à passer, après tout -, ce n'est pas comme s'il avait quoi que ce soit de mieux à faire, ou à penser. De toute façon, il n'avait jamais été du genre à rester les bras croisés et ruminer, et c'était, une fois de plus, quelque chose à éviter vu la situation.
Donc, l'Ecossais se dirigea vers ce fameux bar; aussi silencieux que possible - déjà qu'il faisait peu de bruit d'ordinaire, il avait pris l'habitude de marcher à pas de loups depuis son arrivée.
Il se glissa dans l'établissement, et retint une grimace en constatant que le sol était en parquet. Ça faisait pas mal de bruit. Puis, il remarqua qu'il n'était pas seul - un adolescent, probablement, était en train d'escalader le bar, lui tournant le dos.

Le brun s'avança sans prêter attention à sa démarche, et le parquet crissa sous son pied. Et il eut une réaction que lui-même ne comprit pas : il se cacha prestement, derrière un fauteuil.
Foutue tension ambiante. Voilà qu'il commençait à réagir comme un gosse apeuré.

« Finns det någon här ? »

Et l'inconnu ne parlait pas anglais, en plus. Super. Même les quelques bribes d'allemand que Foster connaissait ne ressemblait en rien à cette langue. Il aurait tout de même parié sur une langue slave, un de ces langages qui semblaient imprononçables quand on en lisait les mots.

« Il y a quelqu’un ? »

Allelujah, de l'anglais. Avec accent, certes, mais tout à fait compréhensible - et l'accent écossais n'était probablement pas bien mieux.
Retenant un soupir, l'adolescent réalisa qu'il était de sortir de sa bien piètre cachette. Et de tenter d'avoir l'air d'une personne qui avait eue cette stupide réaction pour de bonnes raisons, mais c'était pas gagné.

Il s'extirpa donc de derrière le fauteuil, se mettant en face de l'inconnu, lui montra qu'il n'avait rien dans les mains avant de les glisser dans les poches de sa salopette. Et chercha quelque chose à dire qui n'augmenterait pas la gêne de cette situation.
Il semblait être abonné aux rencontres étranges depuis son arrivée ici.

« Hey. Je m'appelle Foster. »

Il retint un grattement de gorge qui aurait dénoncé son malaise, et poursuivit :

« Je ne voulais pas te faire peur. »

Même si ça n'avait vraiment pas été volontaire, l'expression qu'avait eu l'inconnu était assez amusante. Mais bon, c'était pas le moment pour creuser sa propre tombe.
Autant tenter un changement de sujet absolument subtil.

« Tu as parlé quelle langue tout à l'heure ? »

Tenter d'avoir un comportement correct, c'était vraiment difficile pour lui. Mais il s'était dit que, pour le moment, il éviterait de chercher des poux dans la tête des gens.
En espérant que les vieilles habitudes ne reprennent pas le dessus.



(c) chaotic evil
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