Chienne des champs. - Solo.
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Âme solitaires
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Date d'inscription : 03/08/2016
Jeu 18 Aoû - 16:42


Chienne des champs.



Il y avait cette chose assez inutile. Vaine voire vide. Superflue ? C’était sûrement la meilleure définition qui courait au sein de ton encéphale crânien. Perce un lâche soupire à cause du mal de dos que tu te tapes. Un lit une place. Bien trop petit pour une personne qui avoisinait les deux mètres. Non, tu n’aimais pas ça. Et même si les jours passaient et se ressemblaient, la faim tiraillait tes entrailles comme un sans abri tentant vainement d’obtenir une légère pièce d’argent. Touche donc à la graisse de Dieu avant de comprendre que sa viande était aussi maigre qu’un lépreux Africain. Dans ce décor lugubre aux joutes sociales amoindries, tu regardais le sol de ton léger nid si prompt à l’accouplement. Aucun soutien des gens lorsqu’il s’agissait de se nourrir. Hausse les épaules, alors qu’une bestiole se pavane devant ta petite frimousse. Un rapace des champs, longue queue sans peau qui frémissait à la recherche de quelques grains de sésames qui n’existe que dans les irréels rêves des romantiques. Tu pourrais presque le bouffer. Presque. Une main sur ton faciès avant de comprendre que la solitude était pesante. Il faillait voir plus loin. Il fallait comprendre pourquoi tu te retrouvais dans ce village aux murs invisibles. S’unir contre des instances fanatiques salies par les escrocs. Vous étiez deux. Sylvia et toi. Ce n’était pas grand chose mais tu avais au moins quelque chose auquel à te rattacher. Pourri par la thune, tu n’étais pas sûr que ta place soit ici. Dans cet endroit misérable. L’accommodation n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire. Accepter son sort en un claquement de doigts ? Futile et impossible.

Regarde le. Bloqué. Bloqué dans ta chambre. Dans ta bâtisse. Un jeu de regard entre une bestiole fanatique et un homme perdu dans les méandres de son esprit au petit matin. Calebard avec des oursons brodés dessus. Piégé comme dans un piège de cristal. Un gars comme toi ne pleurait pas. Il était fort et faisait semblant d’être un pilier pour les autres. Chose fausse alors lève toi, le regard encore vague et brumeux. Il y aura pas de refrain pour cette journée. Plane quelques instants durant la chute libre. Les pas balbutiants. Ça effraie la créature qui se barre de l’autre côté de la pièce dans un léger bruissement aiguë. On est tous malade comme notre propre société consommatrice. Tant pis si les gens s’en foutent. Tant pis si les connards s’en battent les couilles. Une idée germe. Bouffe le rat. Bouffe cette merde qui transmet des maladies. Tu choperas sûrement une merde et tu crèveras le regard vide de sens et le sourire putassier aux lèvres, fébriles. Passe en vitesse de croisière alors que tes deux prunelles sont fermées et que ton troisième reste ouvert. Attrape l’espèce de vieux drap miséreux et balance le sur le rat. Raté. Bien entendu. Alors il se planque sous ton lit. Comme si le planché était plus doux que le matelas. Sûrement, cette saloperie devait ne pas avoir tord. Une existence plus douce que des gamins qui ne brassaient nullement d’argent. Alors ramasse le drap et positionne toi sur le lit, attendant que la bestiole déguerpisse. Geste vif et réflexe de ninja. On y croit. La scène était assez comique en soit, mais l’appel de l’estomac faisait faire des choses bien idiotes.

Une minute. Puis, deux. Puis, trois voire peut-être une heure. Tu n’avais même pas de montre alors comment comprendre le temps. Il faillait se fier à la chaleur et au soleil et au bruissement de ton estomac pour avoir le calcul de l’heure exact. Tu refusais de crever ici. Si tu crèves, cela serait de ta propre décision. Une cigarette fumante en rêve alors que les bêtises annonçaient rien d’autre que la fumée d’un crématorium. Se n’était pas pour l’argent que tu visais la médaille d’or de l’attrapage de rat. Amuse toi sur les toits pour fuir la situation ardue qui se présentait à toi. Alors fais du bruit en bougeant les lattes de ton sommier. Il dégage. Chope le. Réussite. Il bouge. Ça couine. Balance son corps contre le mur dans une espèce de sursaut par peur de se faire mordre à travers le drap ivoire. Une déflagration sonore. Un craquement. Fin des couinements. Légère tâche d’un plasma sanguin couvrant peu à peu le coton blanchâtre, voile de la paix. Voilà, tu venais d’obtenir ton repas et un séjour au lac du coin pour essayer de faire partir le sang de bestiole à l’aide d’huile de coudes et de cendres. Zen et plus peace. Ôte la haine de tes pupilles en découvrant le cadavre de ce rat des champs. Une femelle. Tu venais d’assassiner une famille entière indirectement. À table mon grand, voilà encore un bien grand repas solitaire. En espérant que tu ne chopes pas une infection alimentaire.





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