[ACHEVE] the unknown ⚊ eliott
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Brume léthargique. Carcasse étendue au sol, froideur du plancher pénétrant les pores, alarmant les sens. Réveil difficile. Douleur lancinante au crâne, oreilles bourdonnantes, corps lourd, bouche rêche, visage blême. Pensées qui s'affolent, cerveau qui s'enflamme. Les idées s'entrechoquent, les théories fusent ; la peur tiraillant  l'esprit encore vaporeux. Les yeux s'ouvrent alors, le regard incertain. Ils examinent, analysent, décortiquent les lieux étrangers. L'Inconnu n'a cessé d'effrayer les Hommes. Pourtant, sitôt cet Inconnu, même adverse, identifié, l'Homme se sent rassuré. Mais « ne pas savoir » déclenche son processus d'imagination. Et croyant affronter les ténèbres, il affronte les monstres fantasmagoriques de son propre inconscient. Pourtant, c'est à l'instant où l'être humain rencontre un phénomène nouveau non identifié que son esprit fonctionne à son meilleur niveau. Il est attentif. Il est éveillé. De toutes ses facultés sensorielles, il se découvre des talents insoupçonnés. L'Inconnu l'excite et le fascine tout à la fois. Il le redoute et en même temps l'espère pour voir si son cerveau saura trouver les solutions pour s'y adapter. Tant qu'une chose n'est pas nommée, elle dispose d'un pouvoir de défi pour l'humanité. Et ainsi vogue l'encéphale chaotique, étouffé. Enténébré par ce brouillard persistant. Violence devait être faite pour agir calmement face à la situation désespérée dans laquelle elle était prise au piège, telle une toile d'arachnide dans laquelle ses membres se mouraient, son souffle se perdait ; angoisse omniprésente de la venue d'un potentiel prédateur. Pourtant, seule la logique et les raisonnements implacables devaient répondre à l'appel. Nul autre.

Alors l'anglaise se mis à mouvoir, lascivement. Elle tâte d'une main hésitante, cet autre corps jonché près du sien. Elle murmure son prénom, au fur et à mesure que se rompt la barrière de ses lèvres. Elle le pousse, le remue dans tous les sens. De sa voix lâche et imperceptible, elle dompte assidûment le silence assourdissant qui régnait en Maître. Sa tête seule ne parviendra à pourfendre le mystère qu'habitait ces lieux ; elle avait besoin de sa compagnie. Besoin de lui. Les genoux claquent, les membres tremblent, les nausées l'accablent ; pourtant elle s'élève et se défait de ces chaînes imaginaires qui l'obstruaient. Les yeux s'habituent à la pénombre environnante. Les formes macabres se dessinent peu à peu, s'ajustent et se dressent des silhouettes plus reconnaissables : des meubles disposés de manière disparate, çà et là. Sied de l'autre côté son sac, ouvert. Sourcil haussé, elle l'inspecte. Le porte-monnaie est vide, les cartes bancaires ont disparu, seuls résident les objets futiles. Éclair foudroyant son esprit, ses mains fouillent alors ses poches et ses doigts parcourent, pianotent sur l'écran aux lumières blafardes ; mais le réseau ne passe pas. Dents serrées, elle reporte ses globes oculaires vers son interlocuteur, toujours muet et vint lui déposer une caresse cinglante au creux de la joue, personnification de sa frustration et de sa terreur.

⚊ Eliott, dis-moi que tout ceci n'est qu'une vaste farce de ta part.

Surgit un son guttural de sa part. Il était enfin réveillé. Dans l'attente d'une quelconque explication, son regard est sévère à l'encontre de l'homme encré aux mille couleurs, commissure des lèvres plissée. L'idée même qu'il ait pu l'entraîner à une rave à son encontre restait plus appréciable que le concept où il n'en aurait aucune putain d'idée. Car elle aussi, elle n'en avait aucune putain d'idée. Et ça lui foutait la trouille.

⚊ Parle, bon sang ! Ton mutisme m'effraie.

Les pas résonnent et détonnent sur le plancher abîmé, faisant craquer le bois moisi sous le talon de ses souliers ; le corps s'avance, recule, tourne en rond. Les bras se perdent, cherchent, tâtent l'ameublement ; les prunelles cendrées se perdent dans la multitude des affaires composant l'armoire. Leurs affaires. Ses hauts de soie, ses pantalons troués, ses robes hors de prix, ses t-shirts blancs où la vermeille tachetée de toute part n'avait jamais pu être extraite du textile. Le tissu effleure sa peau, la main en ressort un caleçon affublé d'étranges ébauches. Débauchées. Elle aurait presque envie d'en rire, d'en revêtir ses sarcasmes et son cynisme. Mais le cœur n'y était pas. Ailleurs. Confus. Obscur. Peut-être un autre jour. Dans un lieu différent. Elle tâche tout de même de lui lancer le sous-vêtement, le regard inquisiteur, paroles fourbes au palais, pour ne pas changer. Jamais. Pourvu que cela dissimule ses craintes, son angoisse.

⚊ Tiens, met ça sur ta tronche, tête de bite. Et j'ai pas de thune. On capte pas. T'as quelque chose sur toi ?

Par pitié, une réponse positive qui les sortirait de cette merde.





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the unknown



Être un Alpha. Réussir là où les autres tombent maladivement dans l’oubli le plus total. Il y avait cette boule au creux de ton estomac. Ce cancer qui gangrène le plus inutile des hommes sociables. Ça fait mal. Ça évide. Ça encaisse. Ronflant est le rêve d’être dans le haut du panier. Virevolte est l’homme, abruti par les conventions sociales pour comprendre enfin qu’il manquait un grain à la Planète Terre entière. Gorge caverneuse. Sépulcrale autorité d’une enveloppe corporelle ne réagissant nullement. L’esprit insignifiant. Inconstant. Insouciant et volage. Rien ne marche. Carrousel du temps. Manège huilée au sang noiraude. Incompréhension de l’entourage. Tu ressens quelque chose. Tu penses. Tu supposes. Ton encéphale cogite avant de comprendre. Avant de sentir. Avant de ressentir. Avant de faire l’exposition des faits. Assimile le problème et tente de ressortir. De sortir de cette trompeur obscurantiste. En surface, tu brilles. Tu tentes. Tu es merveille et décadence.Tu es un mensonge. Une erreur. Un faux. Un code. Gratte à la surface de cette planque de goudron pour percevoir la beauté d’un monde nouveau. Les conséquences de tes actions. De tes résultats. De tes réactions. Retentissement et séquelle d’une fuite envers le propre d’un fantasme. Échappe. Échappe toi. Fuis. Le plus loin possible. Pieds nus à travers les tranchées et les sentiments refoulés. Disparu. Reviens. Une déconnexion. Mains contre la nuque. Ensanglantées. Brûlure. Caresse. Effleurement presque sexuel. Mignardise de la hargne d’un démon méphistophélique. Réveil abrupt. Renaissance d’un printemps. Recrudescence d’un rejeton. Diane.

Ça faisait mal, objectivement. Elle avait toujours eu un peu de poigne. Une espèce de concupiscence à faire mal aux autres sans le vouloir réellement. Être la dernière des merdes. Il s’agissait en vérité de l’histoire de l’oiseau et du ver. Illogique. Non intérêt de la chose avant de comprendre qu’il y avait un problème au vu de la disposition de la bâtisse. Gorge serrée. Gorge muette. Gorge glaciale. Comme si tu avais la science infuse, ton gosier éclate intérieurement. Impossible est l’homme. Il s’’agissait là d’un ravin de compréhension que tu n’arrivais pas à comprendre. Logique. Évident pour beaucoup. Problème premier, même la pire des déflagrations physiques n’avait pas réussi à te remettre réellement sur pied. Esprit brumeux. Convalescence de l’incompréhension. Accepte. Réalise. Concède que tu es dans un endroit que tu ne connais même pas au travers de tes ivresses culturelles les plus folles. Signe la rédemption et la capitulation de ton ignorance. Il y avait aucune honte, simplement une triste vérité. Relève donc toi. Bouge. Réfléchi à tes péchés. Avoue tes faiblesses. Tu reçois une deuxième déflagration physique. Pour dire vrai, tu n’étais pas, toujours par terre. Assis. Le dos relevé, le regard vers la gauche, regardant la porte de sortie. Les bras ballants. Tu n’écoutais pas. Tu ne voulais pas entendre. Tu voulais voir. Tu. Simplement, toi. Pas vous. Pas elle.

Tu regardes âprement ton caleçon. Filles dénudées et tentacules. Hum. Pas le meilleur exemple de ta bonne foi envers l’humanité. Soit. Le déposant contre le sol avec une certaine monotonie, tu ne lui réponds toujours pas. Du haut de tes presque deux mètres, ton enveloppe corporelle farfouille les poches de ton pantalon goudronneux avant que tu te relèves. Tu n’avais même pas de cellulaire sur toi. Rien. Néant. Non-être. Vide. Zéro. Incompréhension de la conception de la situation. Pourquoi ? S’agit-il d’un jeu malsain ? Élimine la sieste mentale de ta fainéantise.

Ouais, ta virginité dans ma poche.  

Ecarte toi. Tu viens de la basse société. Tu as faim. Flic et flingue. Laissant le timide sous-vêtement contre le sol, tes deux mains encrées replacèrent ta crinière goudronneuse en arrière. Ça ne servait strictement à rien. D’être ici. Bouge. Dégage. Fuis de nouveau. Attrape sa main. Défonce la porte. Perçoit le monde extérieur qui ne ressemblait en rien à la vie que vous connaissiez. Gris. Sobre. Sombre. Obscur. Vide de sens et de beauté. Hum. Ça ne servait à rien, autant repartir au sein de la baraque. Lâche sa main. Il y avait un problème. Ça ne collait pas. Rien en colle. Dernier souvenir en tête ? La bouffe. Tu avais toujours ce sale goût au creux de la gorge. Laissant la porte grande ouverte, tu rentrais.

T’as cracher sur la gueule de qui encore ?  

Tu farfouilles la deuxième pièce. Une espèce de salle de bain misérable. Tout était misérable ici. Impression malsaine. Incompréhension. Illogisme. Puis ce lit, putain. Tu faisais presque deux mètres. Ça allait pas. Ça allait vraiment pas. Une main dans le calebard, tu la regardais.

Vérifie si t’as des séquelles physiques.  






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Lun 8 Aoû - 6:07


the unknown



Tac au tac. Naissance fugace d'un sourire qui balaye les idées noires, mais l'allégresse n'est que passagère, et aussitôt s'efface-t-elle pour laisser place à d'autres occupations, vacuité reprenant le contrôle des primaires préoccupations. Ses doigts continuent alors l'ascension fulgurante de leurs découvertes surprenantes ; ils chevauchent les parures, les étreignent, démêlent l'indispensable du frivole. Spleen intarissable qui ne cesse de cogner contre son crâne, écœurements qui ne cessent de frapper contre son gosier. Le corps s'envole ainsi léger et malléable, lorsque la main familière vient embrasser la sienne et part l'emporter vers l'Extérieur. Rafale glaciale giflant ses pommettes cramoisies, rafale glaciale venant s'insinuer entre les fentes de sa tenue légère ; duvet maintenant relevé et éveillé. Grognement s'échappant des lippes gercées, plainte retenue. Au dehors n'était présente qu'une verdure éteinte, terne et apathique. Quelques constructions risibles, acrimonieuses. Rien d'autre. Dépouillé de moyens de transport, dépouillé de population. Stérile. Désarroi venant s'affranchir des dernières remparts, détresse venant s'émanciper des dernières fortifications. Le ridicule pointait le bout de son nez. Et d'autres, encore. Maelström chaotique, ouragan hystérique.

▬ Personne, putain ! J'en sais foutrement rien, je ne sais même pas où l'on est. Et toi non plus. Et il n'y a rien, dehors. Et il n'y a personne. Et on va tous les deux crever ici. Crever de froid, crever de faim, crever, crever, crever. 

La porte claque. Le plancher craque. La pensée se détraque. Débarquent les idées folâtres, les idées paranoïaques. Elles s'élèvent, gracieuses et sournoises ; elles s'élancent, habiles et narquoises. Leur machinerie effroyable s'effectue alors, boulons et engrenages opérationnels. Supplication muette parcourant son échine d'y laisser place et grâce ; de bercer son corps et son esprit dans cette manigance redoutable. Se déversent enfin les ressentis refoulés, l'âme éprouvée de ces bassesses infortunes. Subsiste pourtant une faible flamme, qui tente, de ne pas céder ; Ô consolation bien trop maigre que de se plonger dans la nicotine pour éviter la guillotine, doigts noueux agrippés à la cigarette et à cette incandescence éphémère. Maladroite qu'est l'exhalation due à la vision inopinée ; la vapeur grisâtre recrachée promptement. Et la main redresse la chevelure désordonnée, martèle la poitrine malmenée, s'en va cueillir un accoutrement à l'épaisseur plus chaleureuse et se palpe finalement le corps, à la recherche d'écorchures, d’égratignures. Se dévêtit alors la peau pour s'affubler du vêtement aux coutures trop grandes, la cigarette crépitant au bout des lèvres.

▬ Je crois que je.. vais bien. Qu'en est-il de toi ? Et enlève cette main de là où elle est. Et ne me touche plus jamais.

La matière grise se tâte. Le crâne s'active. Les vêtements volent, s'écrasent, recouvrent le sol et une pile se forme. A la recherche d'une évidence, d'un indice, d'un résidu de quelque chose. D'une réminiscence de souvenirs. Le mobilier est par conséquent entièrement vidé, désossé, décomposé, considéré. Les pupilles parcourent les étagères, les recoins dissimulés et poussiéreux. Mégot finalement écrasé sous le talon, elle continue son étude, persuadée que se cache ici l'indication qui leur permettra de s'enfuir loin de ce trou à rats ; mais la chair effleure alors un objet à la lame affinée et l'effluve cramoisie éclate, coule et déferle le long de sa paume diaphane. Les réflexions s'attardent, les pensées jaillissent de leurs hantises méphistophéliques. L'arme blanche tenue de l'autre main valide, le corps se retourne vers l’interlocuteur, subjugué par la découverte.

▬  Ellie. Je pense que je suis en train de sombrer dans la folie. Simplement : Pourquoi ?

Retentit un son aigu, l'arsenal nonchalamment relâché sur le parquet. Sylvia s'abandonne alors sur la couche cendreuse et poisseuse, minois désespéré, à deux doigts de pleurer, à deux doigts de craquer. Rien n'allait. Tout n'était que chaos et incompréhension. A mesure que les minutes s'écoulaient, les questions s'accumulaient. Elles s'enchaînaient à une vitesse névrosée, la rythmique bien trop rapide pour s'attarder, ne serait-ce qu'une fraction de seconde. Et les réponses n'étaient nulle part, absentes de leur rôle pourtant primordial. C'en était à se feindre le crâne à coups de pieu dans la cervelle.

▬ Qu'on vienne me réveiller de ce cauchemar, bordel.

Et la vermeille s'acharnant, la douleur enfin ressentie après la fascination de l'esprit. Plaie superficielle, l'écarlate est alors portée aux lèvres, se mêlant au palais une association nouvelle et déconcertante.

▬ We're so fucked up. Je ne sais même pas soigner une putain de coupure.

Déchéance de l'intellect, au bord de la déclinaison.





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Jeu 18 Aoû - 1:05


the unknown



La fatigue de rien foutre de la journée. La fatigue d’une espèce de misanthropie chelou qui se cogne le crâne contre un mur fait de béton et de sang. T’aurais sûrement pu t’éclater le crâne le plus rapidement possible mais Sylvia t’en voudrait. Elle serait même capable de te faire revenir parmi les vivants à l’aide d’un rituel vaudou à la con pour te foutre une tarte dans la gueule. Elle en serait vraiment capable, pas besoin de longues phrases pompeuses à la con pour dire que cette meuf était aussi folle que douce. Parfois. Ça dépendait du moment. Et là, il fallait faire ce qui était juste. Le problème, c’est que tu ne savais strictement rien. Tu ne savais strictement rien de la situation présente. Ni l’endroit. Ni le pourquoi. Ni le comment. Ni le qui. Ni le quoi. Bref, tu étais un clochard de l’information qui mendiait une main dans le calebard. Au moins il y avait la douce et fraiche possibilité de te gratter les couilles sans pression devant une gamine qui n’avait sûrement jamais connu rien d’autre que les doigts d’un gynécologue payé trop cher la séance pour trifouiller des minoux. Putain, c’était quand même un boulot bien écoeurant quand on y pensait. Quoique il serait bon de faire quelque chose de réellement productif pour une fois dans ta chienne de vie. Courage et regarde la petite en face avant de te rendre compte du ridicule de la situation. Fais bouillir ton encéphale. Creuse. Cherche. Observe. Comprends. Sauf que cela ne te menait à rien. Hausse les épaules avant de comprendre que vous deux étiez dans un jeu malsain où les gens observent. Des entités célestes et olympiennes bien supérieures à vous. Ainsi, il y avait bien une raison à cela. Par contre, tu l’ignorais. C’était ça, le problème.

Tu aimais les beaux seins, perdre le goût des choses simples. Avance si vite sous carence physique, bien trop keuss. D’un oeil lourd, tu gardes la main mise visuelle sur Sylvia qui ôte quelques vêtements. Être un mec. Être un con. Être un pote. Être un bourge. La go te plait. La go te dégoûte. Prendre une suite quatre étoiles pour baiser dans les chiottes. Soit c’était le coup au crâne que tu avais dû prendre dans la tronche qui te faisait penser des conneries dans une situation pareille ou bien tu étais simplement irrécupérable. La doucereuse demoiselle n’avait que cela à faire, allumer une cigarette. Ne fume pas cette merde. Ne craque pas. Tu ne savais pas même les affaires que tu avais hormis un calebard au goût douteux. Merci les copains des cadeaux. Ou alors c’était toi. Finalement, tu ôtes ta main encrée et colorée de ce fameux bout de tissu qui soutient deux bourses bien fermes et remplies. Il semblait que ton enveloppe corporelle soit tout à fait correcte. Pas moins que d’habitude. Pas plus que d’habitude. Rien de nouveau. Rien de nouveau sous le soleil de cette bâtisse dégueulasse bien loin des grandes pontes sociales. Toi qui fuyait ce genre d’endroit depuis un petit moment, tu pouvais être content, pour une fois. Le problème ? C’était que tu ne l’étais pas. Les mains dans les poches, ton esprit se balade en même temps que ta vision. Doux Jésus. Le paquet de clopes, avance et tire en une. Sans conséquence. Sans réflexion. Sans permission. Comme si l’objet t’appartenait avec la plus grande des subtilités. Pense à l’avenir puisqu’il n’attendait pas. Geste vif, tu vomis une douce fumerolle grisâtre sans aucune vergogne.

Non. Rien à signaler.  

Pas besoin de répondre à sa question. Cela ne servait strictement à rien. La merde. Une bonne grosse merde. Ferme les yeux et transpose toi, clope au bec. Imagine toi loin de ce bordel. Cuite. Nuages. Ouest. Herbe. 16. Femme âgé et petite pucelle. Tu l’entendais. Tu l’écoutais. Tu observais à travers ton esprit. Tu comprenais ses réactions. Toi, calme ? Extérieurement, ouais. Intérieurement tu ressemblais à une négresse de 40 ans Américaine qui découvre que son fils fait du Rap et fume de l’herbe. Jeune blanc qui se retrouvait dans le quartier Nord des pires conneries du monde. Rouvre tes yeux pour percevoir Sylvia dans la pire des tentations. La folie. Pourquoi la folie ? Comme si tu étais d’humeur à répondre à des questions vaguement philosophiques à demeurant sans intérêt. Sylvia n’était pas folle. Il s’agissait de la situation qui était folle et non le contraire. Le bordel dans la petite maisonette n’aidait pas à la concentration alors ne dit mot. Tais toi et observe en attendant le calme après la tempête. Ton cerveau carbure. Nicotine qui t’aide à réfléchir. Replace ta crinière vers l’arrière en lâchant un bref soupire avant de comprendre que Sylvia faisait de la merde, un peu comme à son habitude. Mauvaise langue que tu es. Clope à moitié consumée au bec,tu t’approches d’elle. Un sourcil levé.

Qu’est-ce que tu fous…  

Tu la regardes sur ce foutu lit, le doigt dans sa bouche. Tu lâches un vieux soupire avant de prendre le couteau et de le foutre contre le sol. Gamine. Idiote. Perce à jour son petit jeu avant de comprendre qu’il y avait rien à comprendre de cette journée. Attrape son doigt et presse sa plaie pour en faire sortir quelques gouttelettes vermeilles de plasma sanguin. Rien de bien grave. Plante ton regard dans le sien avec un petit sourire carnassier. Ta clope entre tes doigts.

T’es vraiment. Vraiment. Vraiment. Conne. Tu le sais, ça ?  

Tu plaças à ton tour son propre doigt dans ta bouche, ta langue râpeuse passant sur la plaie. Finalement, après quelques secondes tu retires son doigt avant de partir, foutant ta clope au creux des commissures séchées de la demoiselle.

J’vais voir s’il y a des pansements dans cette baraque de merde.  

Disparition. Apparition. Bruissement sonore de tes quelques pas qui s’animent avant d’ouvrir avec une certaine force l’espèce d’étagère-miroir. Jackpot. Un. Un seul et unique. Pansement. Bon, ça devrait suffire. Tu supposes. Lâchant un léger soupire avant de gueuler un magnifique « T’es pas morte, hein ? » avec une voix qui s’inspirait des plus grands orateurs de théâtre et d’opéra. Enlevant en même temps que tu marchais les deux protections de l’unique pansement, ton enveloppe corporelle réapparu vers la demoiselle au doigt ensanglanté. Tu t’agenouillas, comme la plus belle des demandes en mariage, avant de lui apposer le pansement. Sur le front.

Là, t’es la swag. 





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Sam 20 Aoû - 23:16


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Ses paroles semblent lointaines et inaccessibles, teintées d'une brume imperceptible. Elle-même n'en savait rien. Elle ne cherchait plus à comprendre, elle ne cherchait plus à rien. Incontrôlable. Il fallait qu'elle accepte le concept. Son esprit n'était que discorde et incompréhension, incohérences dans la matrice, absurdités folles et ridicules. Le crâne ne pensait plus, mort et las de ces inepties, enterré dix pieds sous terre par cette dissonance abjecte. N'était-ce peut-être que là karma de toutes ces crasses ; fatalité et destination finale. Avant-goût de l'Enfer. Préambule du purgatoire. Punition divine de son existence exécrable et putassière. Peut-être, peut-être pas. Elle déglutit difficilement. Dans tous les cas, le méritait-elle sûrement. Dents serrées, la voilà pensant tout bas Allez vous faire foutre. Allez tous vous faire foutre. Et perdue dans ses pensées, le voilà, débarquant dans toute sa splendeur ; démarche féline et agile, s'approchant de la carcasse, de la pourriture qu'elle incarnait, lascivement. Toute la faute reposait sur elle. La responsabilité lui revenait de droit, l'erratum était sienne. Il n'avait rien à faire là. Il n'avait rien à foutre ici, à ses côtés, plongé dans cette merde jusqu'au cou. Il n'était pas dit que la peine serait partagée ; ce n'était qu'injustice que de faire plaider coupable l'innocent. Goût amer en gosier. Mal placée pour dire de choses pareilles, mal placée pour penser de choses pareilles ; elle, née sur un trône de pierres précieuses. Foutus raviolis, qu'elle susurre. Culpabilité, remords. Maelström, encore. Toujours. Cataclysme de ressentis s'abattant sur sa personne, encore. Toujours. Elle n'ose à peine supporter son regard, pupilles fuyantes et apeurées d'une colère, d'une haine viscérale à son encontre. Et puis, et puis.

Corps étranger, cœur affolé ; proximité dérangeante, proximité étouffante. Le souffle est retenu, perdu ; oublié. Si proche, tellement proche. Effluves grisâtres s'échappant lentement de ses lèvres, chancelantes, dansantes ; ballet gracile et élégant. Et les yeux s'attardent alors sur cette fresque sensuelle, presque indécente. Les mots s'envolent, les mots s'effacent, l'ouïe absente. Plongée dans la contemplation obscure et suggestive, l'esprit chamboulé et les prunelles hypnotisées. Et l'afflux sanguin monte, la poitrine martèle, les joues se colorent. Chaud, humide, déconcertant. La bouche s'ouvre et se referme, incapable de sons. L'enveloppe corporelle est immobile, figée dans sa stupeur. Et la langue vient alors à la rencontre de la plaie, elle s'en va quérir l'écarlate, et le contact s'éternise et et et. Le sablier se suspend, fraction de secondes semblant durer une éternité. Et l'air refuse d'entrer, et les gestes refusent d'être effectués, et les mots refusent d'être prononcés. Et Sylvia en oublierait presque que ce n'était qu'Eliott, Ô le grand Eliott immergé dans sa débauche insolente. Presque. Puis, puis. Le temps reprend son cours, et il se dégage enfin. La silhouette s'évapore, la laissant pantelante et confuse. Gêne, embarras, incertitude. Rien que ça. Les lippes inhalent et recrachent les volutes, l'esprit tentant de passer outre cet égarement psychique. 

▬ Eliott.. Qu'est-ce que tu viens juste de.. Je.. Merde.
 
 
Se refuser à abdiquer. Se refuser à céder à ces psychoses futiles. Passer à autre chose. Les globes oculaires se ferment, la bouche laisse filtrer un soupir. Ce n'était qu'Eliott. Eliott. L'inspiration est finalement grande ; l'air rentre et tape contre ses poumons compressés, le carmin est aussitôt effacé de ses pommettes et le rythme cardiaque ralentit. Tout n'étaient que fantasmes psychiques, tout n'étaient que chimères chimiques de son cerveau. Cigarette coincée entre la commissure de ses lèvres, l'encéphale réfléchit. Il tâte, récapitule, fait un bilan de la situation. Pas de réseau, alentours inconnus, des affaires ci et là, des armes ▬ couteaux. Aucun indice, aucune indication quant à la démarche à poursuivre. Juste eux et rien d'autre. Sparadrap sur le front, elle lança une œillade affligée à son interlocuteur.   

▬ Arrête de dire des bêtises. Tu me désespères.

L'intention était noble que de jouer le bouffon pour amuser la galerie et divertir les esprits ; quelque part, le jeune homme était adulé et jalousé par sa semblable, incapable de telles fantaisies. Mais qu'importe, la complémentarité était présente et plus importante. Chacun se devait d'effectuer son rôle, pour la symbiose des âmes. Cela ne marchait pas autrement. Cela ne pouvait marcher autrement. Piliers précieux de leur relation. Le pansement est doucement retiré du front puis finalement placé contre les lippes de l'Encré.

▬ Voilà. C'est mieux comme ça. D'ailleurs, quitte à crever ici, j'aimerais au moins savoir où nous sommes.

La silhouette se relève et le regard parcourt le capharnaüm d'une trajectoire circulaire. Enjambées rapides parmi les habits jonchant le sol, l'esprit focalisé. Les bras trifouillent, jettent ; les yeux cherchent, inspectent. Se dévoilent finalement les objets escomptés : écharpe et cache-oreilles rose. Finalement revenue à la position initiale, l'anglaise s'applique à vêtir l'ami, dans sa plus grande bonté. La température extérieure n'était pas un réel souci, Londres ne vous habituant pas à des climats chaleureux. La seule et réelle contrariété était celle de passer d'un temps chaud à un temps froid. L'adaptation du corps humain réagissait par divers symptômes déplaisants ; nul doute qu'ils ne pouvaient alors pas se permettre de tomber malade. Pas ici, pas maintenant.

▬ Non, tu n'as pas ton mot à dire. Et oui, tu es ridicule. Bon. Viens, accompagne-moi à l'extérieur.

La main s'agrippe à l'avant-bras coloré et le traîne, le soulève, le pousse ; calé fermement contre son propre bras, Sylvia s'avance finalement. La peur tiraille ses côtes, mais par seule question de principe, elle ne pouvait laisser passer une chose pareille. La curiosité bien plus grande, l'affront impertinent nourrissant d'autant plus la haine viscérale et malsaine qu'éprouvait la jeune fille face au monde.

▬ Désolée, pour tout ça. Cette situation me rend dingue et pour la première fois dans ma vie, j'ai l'impression de foncer droit contre un mur. Et tout est si chaotique, incompréhensible.. Enfin. Tu me diras que je le faisais déjà bien avant. Qu'importe. J'espère juste qu'on rentrera bientôt. Sains et saufs.








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