Hunger came and never left
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Âme solitaires
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Localisation : Dans le complexe ! *facepalm*
Ven 5 Aoû - 16:20

Il avait décidé de s'aventurer plus loin. Toujours plus loin. Il était comme ça le Stas. Il avait pu nourrir les filles, le mois d'avant. Mais août était là et il fallait chasser à nouveau. Ô il était prévoyant, oui. C'était une question de confiance. En lui, il l'était. En les autres ? Moins. Bah, il les laissait aller. Mais il fallait bien que sa meute ne manque de rien. Alors l'instinct le poussait à aller plus loin.

Cette fois, il s'était enfoncé dans la forêt. Il y faisait plus sombre et les conifères étaient moins espacés. Le russe battait des coudes pour avancer entre les arbres qui se faisaient plus touffus. Plus sombres. A l'instar de son humanité. Comme Stas avait pu trouver de nombreux instants où sourire, parfois où rire, dans le complexe ; il avait aussi eu affaire à des moments plus noirs.

La solitude exacerbait cette attitude parfois cruelle chez lui. Ces sens prenaient le dessus sur son cerveau. Son instinct barrait la voie à sa compassion. En forêt -en forêt profonde- les bruits étaient différents, inquiétants. L’ambiance également était plus pesante, transpirant le danger. Les proies se tassaient dans leurs terriers, sortant uniquement pour le strict minimum. Les prédateurs au contraire, quoique fort discrets, régnaient en maîtres. Première ou deuxième catégorie pour le russe ? Probablement quelque chose entre les deux. On ne donnerait pas cher de son cuir s’il avait à affronter un ours.

Mais paradoxalement, son attitude était celle du chasseur. Là, seul, son esprit était vide, concentré sur la seule recherche de viande. En vérité, il redoutait qu’un jour on le découvre sous ce jour. Lui qui, toujours, gardait son beau maintien en public. Lui qui, toujours, se faisait le défenseur du faible, voir même du fort pour peu qu’il ait des sentiments à son encontre. Oui, parce qu’on ne pouvait pas décemment dire que Susan était faible.

Il voyait bien sous le vernis de la jeune fille délicate et affligée qu’il avait trouvée à genoux dans la rue le premier jour. Il voyait que sous ce vernis se dissimulait une louve sachant se défendre et prête à s’interposer si ça en valait la peine. Tandis que lui était plutôt loup. Et le mâle et la femelle avaient des caractères foncièrement différents. Certes il remplissait le frigo, mais ça n'ôtait rien à sa nature définitivement fugueuse. La chasse était donc un exutoire. Stas n’avait pourtant rien de tout ça en tête, au moment que je vous narre, car comme dit plus haut, son esprit était vide tandis qu’il se frayait un chemin à travers les arbres.

Le russe déboucha finalement dans une clairière qui n’en méritait même pas le nom. Les arbres s’éloignaient, certes, réservant une place libre en son centre. Mais la lumière ne se faisait pas réellement plus vive. L’ambiance restait tamisée, doucement bercée par un petit vent de fin d’après-midi. La vie était lasse, reprenait doucement après la sieste induite par le pic de chaleur du zénith… Oh oui, un pic de chaleur à au moins 15° ! Et là, tranquillement étendu sur une pierre plate, il y avait une longue ficelle qui se faisait dorer. Un peu. Ce qu’il était possible d’attraper des rayons.

Stas raffermit sa prise sur le couteau de cuisine qu’il avait réservé dès son arrivée. Il s’immobilisa. Marcher ferait trembler la terre. Subtilement, pas assez pour qu’il le ressente lui-même, mais largement trop pour que le serpent ne le remarque pas. Le russe plissa les yeux. Il devait s’approcher, mais sans que sa proie ne fuit. Ah, il aurait pu tenter un lancer de couteau. Néanmoins, il ne s'était jamais entraîné à cette discipline. Ca paraissait donc stupide de le faire maintenant. Alors, le jeune homme se contenta de progresser avec la plus grande lenteur possible. Il prenait garde aux brindilles, évitant de placer le pied dessus, et préférait les aiguilles qui -si elles bruissaient- étouffaient le choc du déplacement de sa masse. Puis un serpent, ça n’avait pas d’ouïe, non ?

Finalement, il se trouva près de la bête. Si près qu’il leva le pied pour l’appuyer sous la tête de l’animal. Les choses allèrent ensuite très vite. Immobilisé, le serpent se mit à se débattre, fouettant de sa queue le mollet du russe, sans pour autant pouvoir le mordre. Le garçon plongea le couteau à travers la tête de sa proie. Celle-ci s’immobilisa tandis qu’un filet de sang rouge, sombre, s’écoulait du crâne perforé. Stas tendit la main pour récupérer sa chasse et ses doigts entrèrent en contact avec l’hémoglobine, le faisant sursauter et reculer. Le sang était glacé… évidemment, il ne faisait pas chaud. Le serpent était le parfait miroir de la température extérieure. Il ne s’y était pas attendu. Le jeune homme referma sa poigne sur l’animal, plus fermement cette fois-ci.

Il aurait pu le dépecer sur place, mais il n’avait aucun contenant pour transporter de la chair à nue. Les écailles de sa proie protégerait ce morceau de viande des bactéries pour encore quelques temps. Le russe fit demi-tour pour reprendre la direction du complexe. Il repensait au sang glacé. Il secoua la tête, la vida. C'était mieux quand il ne pensait pas.

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